Une procédure de sau vegarde pour les États

Aux grands maux, les grands remèdes. Face à la crise historique d'endettement public sur le Vieux Continent, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de frapper fort. Comme cela est déjà le cas au Royaume-Uni et aux États-Unis, les États membres auront la possibilité de déclencher une sorte de procédure de sauvegarde qui pourrait, le cas échéant, leur permettre d'alléger une partie de leur fardeau. Dans les faits il s'agirait de faire supporter une partie du coût de la dérive budgétaire de la zone euro à des investisseurs privés. Cela passerait par la mise en place de clauses d'actions collectives destinées à regrouper les créanciers autour d'une même table dans le but de faciliter les négociations. « A la différence d'une dette d'entreprise, celle d'un État est très diffuse. Et il peut devenir vite compliquer de devoir discuter avec chacune des parties de manière individuelle », selon une source proche du dossier. Car contrairement aux idées reçues, les banques ne constituent pas l'essentiel des détenteurs de dettes d'États. Même si leur exposition aux pays périphériques est loin d'être neutre. Celle de BNP Paribas au Portugal s'élève à 2,5 milliards d'euros sachant que ce chiffre atteint 1,5 milliard d'euros pour le Crédit Agricolegricole. Au final, les banques centrales, les fonds de pensions, les OPCVM et les assureurs représenteront la grande majorité des créanciers des états souverains. Mais il n'est pas sûr que ces futurs dispositifs de « Chapter 11 » à la française soient du goût de tout le monde. A commencer par l'investisseur particulier, qui contribuera, en bout de chaîne, à financer la facture des impayés.Pour les investisseurs institutionnels, la pillule pourrait également avoir du mal à passer. Pendant longtemps, la signature d'un État a constitué un gage de sécurité maximum. Mais aujourd'hui, le fait même d'envisager qu'il puisse faire défaut au travers de mesures préventives augmentent sensiblement le profil de risque des pays de la zone euro. Il ne serait donc pas étonnant de voir les opérateurs exiger, en garantie, une prime de risque beaucoup plus importantes qu'aujourd'hui sur les obligations souveraines. Notamment pour les pays les plus fragiles. Fabio Marquetty

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