Les sources d'inquiétude ne manquent pas

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STRONG>L'emploi : un chômage qui reste au plus hautPlus de 4 millions de Français sont en quête d'un emploi en cette fin 2010. En novembre, le nombre de demandeurs d'emploi a crû de 2 % sur un an. En incluant les personnes en activité réduite, le nombre des inscrits sur les listes de Pôle emploi a même augmenté de 5 % sur un an. Quant aux chômeurs de longue durée (plus d'un an), ils sont 1,5 million, soit... 21 % de plus que l'an dernier.Pour 2011, le gouvernement a promis une amélioration, grâce à une politique ciblant « les publics les plus fragiles » : jeunes, peu qualifiés, licenciés économiques et chômeurs de longue durée. L'Insee table pour la mi-2011 sur une « légère décrue » du taux de chômage à 9,1 % de la population active (contre 9,3 % au troisième trimestre 2010). Mais beaucoup d'économistes sont pessimistes, craignant que la croissance soit insuffisante pour inverser réellement la tendance. Stéphanie TisserondLes investissements : les entreprises privilégient le désendettementLe rebond de 0,9 % de l'investissement des entreprises observé au deuxième trimestre n'aura pas duré. Dès le troisième trimestre, il ne progressait plus que de 0,5 %. Au regard de la chute de 21 % de la formation brute de capital fixe en 2009, on aurait pu s'attendre à une reprise plus tonique de l'investissement pendant la sortie de crise. Selon l'enquête trimestrielle datée d'octobre de l'Insee, il devrait progresser de 9 % cette année dans l'industrie. Or, les estimations de cette enquête ont été régulièrement abaissées ces dernières années, les chefs d'entreprise étant toujours plus optimistes en début qu'en fin d'exercice. Compte tenu des incertitudes actuelles, l'exercice 2011 ne devrait pas faire exception. « Les entreprises, dont le taux de marge recule, préféreront poursuivre le processus de désendettement entamé pendant la crise », avance Dominique Barbet. F. Pi.Le logement : la reprise de la construction s'essoufflePour le deuxième mois consécutif, le nombre de permis de construire accordés a baissé en novembre (de 4,7 %). Pour l'expert Michel Mouillart, cette déprime s'explique par la fin de l'engouement pour le dispositif fiscal Scellier, qui octroie des réductions d'impôt pour huit ans aux acquéreurs des logements neufs destinés à la location. En 2010, ce dispositif a représenté les deux tiers des 115.000 logements vendus par les promoteurs privés. En 2011, les taux de réduction d'impôt doivent baisser à 22 % (logements basse consommation) et 13 %. Sur les douze derniers mois, le nombre de permis de construire accordés a augmenté de 11,8 % par rapport aux douze mois précédents, et le nombre de mises en chantier de logements neufs a progressé de 9,5 %, dépassant de peu les 300.000 logements. Mais on est loin de l'objectif gouvernemental de 500.000 nouveaux logements par an. S. T.Les collectivités locales : manque de visibilité pour l'investissement localC'est inédit depuis dix ans : l'investissement des collectivités locales (51,7 milliards d'euros) s'est contracté en 2010, avec un recul de 2,1 %, selon la note de conjoncture publiée en novembre par Dexia. Certes, ce repli est en partie le contrecoup des efforts fournis en 2009 : au plus fort de la crise, l'investissement local s'est maintenu, et nombre de collectivités territoriales ont anticipé les investissements qu'elles auraient réalisés en 2010. Mais s'y ajoute le manque de perspectives pour l'an prochain. Peu d'élus locaux ont une vision claire de leurs finances, du fait du remplacement de la taxe professionnelle par un dispositif fiscal dont ils maîtrisent mal la complexité. La réforme territoriale suscite aussi des interrogations sur le devenir des subventions croisées entre collectivités. Enfin, certains départements ont de réels problèmes structurels de financement. S. T.

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