Les allégements de charges pèsent toujours plus dans le budget de l'emploi

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SocialEntre les exonérations de charges qui relèvent de la Sécurité sociale, les contrats aidés inscrits dans le budget de l'État ou la formation des chômeurs financée par l'Unedic, calculer le montant total des fonds consacrés à la politique de l'emploi s'apparentait jusqu'alors à un casse-tête. Pour sortir de ce flou, les statisticiens du ministère du Travail viennent de se livrer à un exercice inédit de compilation dans une étude intitulée « Les dépenses en faveur de l'emploi et du marché du travail entre 2000 et 2007 ». Et chiffrent, en 2007, à quelque 74 milliards d'euros les dépenses dans ce domaine, soit 3,9 points de PIB. Une part en légère progression par rapport à 2000 (3,6 points) et qui a probablement continué à croître en 2008 et 2009, compte tenu des politiques lancées pour réduire les effets de la crise.un quasi DoublementPar-delà le montant global, l'étude apporte un éclairage intéressant sur la ventilation des dépenses et leur évolution. Ainsi, les « dépenses générales » ? exonérations de cotisation sur les bas salaires et aides liées à certains secteurs d'activité ou zones géographiques ? ont quasi doublé depuis 2000 pour atteindre 33 milliards d'euros en 2007. Certes, la période inclut la montée en charge des allégements destinés à compenser le déploiement des 35 heures pour les employeurs. Mais la hausse s'est prolongée bien au-delà. Selon l'Acoss, pour la seule année 2008, ces exonérations ont encore progressé de 13,1 %. Et avec le lancement du dispositif « zéro charge » pour toute embauche dans une entreprise de moins de 10 salariés, 2009 et 2010 ne devraient pas marquer d'inversion de tendance.Autre enseignement de l'étude, la priorité donnée, à partir de 2006, aux mesures « actives » (formation, aides à la création d'entreprise?) dans les dépenses ciblées sur les demandeurs d'emploi. Au total, les moyens dévolus à ces actions représentaient 13,1 milliards d'euros en 2007 sur un total de 41 milliards pour les « dépenses ciblées ». Reste à savoir si cette tendance se confirme en 2009 et en 2010. La très forte hausse du chômage accroît mécaniquement les dépenses liées à l'indemnisation du chômage qui, selon l'Unedic, passeraient de 20 milliards d'euros en 2008 à 27 en 2010. De même, l'exécutif a relancé les contrats aidés. Dans un contexte de crise, les politiques actives de retour à l'emploi n'apparaissent plus aussi urgentes? Agnès Laurent

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