L'info locale, le salut des quotidiens régionaux

La presse quotidienne nationale n'est pas la seule à traverser une zone de turbulences. Les quotidiens régionaux aussi. Jean-Marie Charon, sociologue et chercheur au CNRS, spécialiste des médias, livre un bilan assez alarmiste de la situation de la presse quotidienne régionale (PQR), dans le cadre de ses travaux sur l'évolution du secteur. Pour preuve, la diffusion de certains titres comme « Le Progrès » ou « La Provence » a chuté de plus de plus de 40 % en trente ans (voir tableau).Rares exceptionsPour le chercheur interrogé par « La Tribune », la PQR est victime d'une rationalisation de ses coûts, conséquence de la stratégie de « groupe » adoptée par le secteur. À de rares exceptions près, les quotidiens régionaux sont entre les mains de grands groupes comme Ouest-France, Sud Ouest ou encore Ebra (Crédit Mutuel). Ce dernier (« L'Est Républicainblicain », « Le Progrès »...), par exemple, devrait, grâce à une politique de réduction de coûts basée sur une « mutualisation des ressources à grande échelle », dégager cette année un bénéfice de 7,7 millions d'euros (après des pertes de 40 millions d'euros un an plus tôt). Mais Jean-Marie Charon ne pense pas que cette politique soit gagnante à long terme. Proche de celle initiée par Robert Hersant, lorsque celui-ci contrôlait de nombreux quotidiens, elle s'est faite au détriment de l'éditorial. Bilan, les ventes n'ont cessé de se dégrader et un lecteur perdu est difficile à retrouver...Selon Jean-Marie Charon, les titres qui tirent le mieux leur épingle du jeu sont les quotidiens bretons « Ouest-France » et « Le Télégramme » qui, souligne-t-il, sont eux en concurrence. Seul groupe à avoir investi dans un bureau d'études, le géant « Ouest-France » a été un des premiers à noter le recul de la presse régionale en zone urbanisée et à adapter sa stratégie en conséquence. Depuis des années, « Le Télégramme » mise sur une stratégie éditoriale innovante et gagnante. Et contrairement à son concurrent de Rennes et aux autres grands groupes, il n'est pas confronté, lui, à des problèmes de succession.... Investir le WebPour le spécialiste des médias, la PQR doit au plus vite se réinventer et miser plus que jamais sur l'info de proximité à l'instar de ce qu'a fait la presse régionale aux Etats-Unis. Pour sortir la tête hors de l'eau, elle doit aussi investir Internet, propice à l'information de proximité, car de nombreux titres n'ont aucune stratégie multimédia. Ils pourraient s'inspirer des vraies innovations du « Midi Libre » (groupe Sud Ouest), dont les journalistes localiers ont créé des blogs, mine d'informations ultra locales pour le lecteur.

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