L'éditorial de Muriel Motte : Parole de banquier

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Verdict : + 1,8 %. Le grand débat qui a opposé tout au long de l'année passée les banquiers au monde politico-économique, s'est achevé avec l'annonce par la Banque de France d'une hausse de 1,8 % de l'encours des crédits au secteur privé en 2009. Alors, banquiers prêteurs ou banquiers radins ? Leur engagement pris fin 2008 de faire croître leurs prêts de 3 % à 4 % n'a pas été tenu. Voyant venir la critique, ils ont immédiatement souligné vendredi le réveil du crédit en décembre fruit de « leur mobilisation sur le terrain », notamment « pour les petites entreprises ». Quant à la Fédération bancaire française (FBF), lassée de prendre des coups, elle a précisé que les encours de crédit des banques aidées par l'État lors de la crise financière avaient progressé l'an dernier de « significativement » plus de 2 %. Presque un cocorico, d'autant que la récession est passée par là. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif : l'engagement sur les crédits a eu lieu lorsque les économistes nous laissaient miroiter un taux de croissance de l'économie de 1,4 % en 2009, rappellent à juste titre les prêteurs. Ni pertinents ni efficacesFinalement, l'activité a reculé de plus de 2 %, conduisant à un déstockage et plus généralement à une baisse du besoin en fonds de roulement des entreprises. Tout cela fait dire aujourd'hui à la directrice générale de la FBF, Ariane Obolensky, que des engagements chiffrés ne sont ni pertinents ni efficaces, d'autant que les prévisions économiques pour 2010 sont incertaines. Certes, mais il est des chiffres bien réels qui soulignent les dysfonctionnements du système. La chute des encours de crédits de trésorerie l'an dernier (- 14,2 %) a frappé des entrepreneurs souvent incapables de lever des fonds sur les marchés. Forts de la garantie accordée par la banque publique Oséo, les établissements de crédit ont promis de faciliter la gestion de trésorerie des très petites entreprises cette année. On en n'attend pas moins d'elles. Banquiers prêteurs ou radins, 2009 n'a pas clos le débat.

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