Le crédit bancaire aux entreprises amorce enfin une reprise

Les chiffres publiés par la Banque de France ce vendredi le confirment : en dépit d'une amélioration de la production en fin d'année, les banques françaises n'ont pas réussi à faire croître l'encours de crédits aux entreprises et aux ménages de 3 à 4 % en 2009, comme elles s'y étaient engagées au moment de la création de la Sfef (la société de financement de l'économie française a facilité le financement des banques) et de la SPPE (la société de prise de participation de l'Etat leur a permis de renforcer leurs fonds propres). En 2009, les crédits au secteur privé (non financier) ont progressé de 1,8 %, indique la Banque de France (+ 4,1 % pour les crédits aux ménages et - 0,9 % pour les crédits aux entreprises). Les banques sont loin du compte, surtout pour les entreprises, mais la situation s'améliore : en octobre et novembre, le taux de croissance annuel brut des encours était tombé à 1,1 % puis à 0,9 %. Ce redressement, la Fédération bancaire française (FBF) l'attribue à « la mobilisation des banques sur le terrain ». Les grands réseaux se targuent d'ailleurs d'être plus mobilisés que les autres. « Les écarts constatés au cours des derniers mois entre les données des banques et celles relatives aux groupes bancaires ayant signé une convention avec l'Etat dans le cadre de la Sfef laissent penser que la croissance des encours de ces groupes sera significativement supérieure à 2 % », indique la FBF.Les chiffres précis seront de toute façon connus avant la réunion du 11 février entre Christine Lagarde et les banques. Les responsables politiques entendent maintenir la pression. Il y a une semaine, la ministre de l'Economie a jugé le sujet du financement des petites et moyennes entreprises (PME) « fondamental ». « Je ne veux pas que les banques laissent tomber les PME », a-t-elle déclaré. Et pour cause. Après deux ans de baisse ininterrompue de la demande de crédit des entreprises, la Banque de France, dans son enquête trimestrielle auprès des banques sur la distribution du crédit, fait état d'une stabilisation, voire d'un léger redressement de celle-ci. Ces derniers mois, la demande de crédit s'était principalement portée sur le financement d'opérations de restructuration de dettes, les besoins de financement en matière d'investissement et d'opérations de fusions-acquisitions continuant de se réduire. Si ces derniers venaient à augmenter à nouveau, toute réticence des banques à prêter risquerait de compromettre la reprise.En 2009, ce sont les crédits de trésorerie aux entreprises qui ont accusé la plus forte chute. Sur un an, ces crédits, très utilisés par les PME, se sont repliés de 14,2 %, tandis que les crédits d'investissement se sont plutôt bien tenus (+ 4,4 %). Selon les banques, cette contraction est avant tout liée au phénomène de déstockage et à la dégradation de l'environnement économique. Elles signalent que les grandes entreprises, profitant de conditions exceptionnellement favorables sur les marchés, ont substitué des emprunts obligataires aux lignes bancaires classiques.Un dispositif spécifique pour la trésorerie des PME Mais les PME, qui n'ont pas la taille critique pour se présenter sur les marchés, évoquent, elles, un durcissement des conditions d'octroi de crédit (sous forme notamment de demandes de garanties supplémentaires ou d'allongement des délais de réponse), en particulier pour les plus petites d'entre elles. Du coup, Oséo a annoncé cette semaine qu'elle réservait une enveloppe de 100 millions d'euros sur son « Fonds de garantie de renforcement de la trésorerie des entreprises » aux très petites entreprises. La banque publique pourra ainsi se porter garante de 50 % à 70 % des sommes prêtées par les banques. Dans le cadre des engagements pris par la FBF, BNP Paribas a annoncé qu'elle mettait à disposition des TPE (très petites entreprises) une enveloppe de 150 millions d'euros destinée à financer de nouveaux crédits de trésorerie, d'un montant unitaire maximal de 25.000 euros. Les autres banques ne devraient pas tarder à annoncer des dispositifs similaires.Du côté des ménages, le fort recours au crédit à la consommation lié aux achats de voitures neuves en décembre a permis au taux de croissance du crédit « de trésorerie » d'atteindre 3,5 % en décembre après 1,5 % en novembre. La progression des crédits à l'habitat s'est également renforcée en fin d'année (4 % après 3,8 %).

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