Toyota : le coût de la panne

L'onde de choc du rappel de millions de voitures par Toyota n'en finit pas de s'étendre. Et l'affaire pourrait au final coûter fort cher au groupe japonais. En espèces sonnantes et trébuchantes, et en image !La firme nippone a annoncé vendredi le rappel de huit modèles en Europe. Et ce, pour régler un problème potentiel de pédale d'accélérateur risquant de se bloquer partiellement. Seul un nombre limité d'incidents ont toutefois été signalés en Europe. Les modèles concernés sont des voitures à forte diffusion. Le rappel implique la récente mini-iQ (produite au Japon de novembre 2008 à novembre 2009), les compactes Auris (octobre 2006 - janvier 2010) et Corolla (octobre 2006 -décembre 2009), fabriquées en Grande-Bretagne, la familiale Avensis (novembre 2008 - novembre 2009), assemblée aussi outre-Manche, le monospace Verso (février 2009 - janvier 2010), monté en Turquie, le 4x4 Rav 4 (novembre 2005 - novembre 2009), produit au Japon. Sont également concernées la petite Yaris, produite à Valenciennes, dans le nord de la France (novembre 2005 - septembre 2009), et sa soeur cadette, l'Aygo (février 2005 - août 2009), assemblée en République tchèque... avec PSA. Des Peugeot 107 et Citroën C1 rappeléesLe groupe français se voit donc obligé de rappeler aussi ses Peugeot 107 et Citroën C1, équivalentes de l'Aygo. Seule une fraction de la poduction d'Aygo, de 107 et de C1 serait touchée (10 %), précise cependant une source industrielle. Les versions Diesel ne seraient ainsi pas concernées.Le nombre exact de véhicules rappélés est en cours d'évaluation. Il pourrait atteindre 1,8 million d'unités (hors PSA). Aucun véhicule de la marque de prestige Lexus, pas plus que les modèles hybrides, n'est concerné par cette campagne. Le groupe stipule qu'il n'a aucune raison et aucune intention d'arrêter les productions en Europe. En Amérique du Nord, Toyota n'a pas seulement décidé de rappeler des millions de véhicules, mais aussi de suspendre la production et la vente de huit modèles fabriqués localement. Au total, dans le monde, huit millions de voitures devraient être rappelées. Une contre-publicité dévastatrice, alors que le constructeur japonais a fondé pendant des décennies son image de marque sur la qualité-fiabilité hors pair de ses véhiculesLes concessionnaires plus touchés que le constructeurOutre-Atlantique, la campagne de rappels bat déjà son plein. Et les experts en chiffrent déjà le coût. La Commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine procédera même à une audition le 25 février. Aux Etats-Unis, les 1.230 concessionnaires américains de la marque pourraient perdre ensemble de 1,75 milliards de dollars (1,2 milliard d'euros) à 2,5 milliards (1,7 milliard d'euros) par mois, selon des estimations locales, à cause de la suspension des ventes. Un manque à gagner encore plus important que celui du constructeur lui-même, évalué jusqu'ici à 400 millions d'euros par mois. La pédale d'accélérateur des modèles produits outre-Atlantique est fournie par un fabricant américain, CTS, qui a évidemment rejeté la faute sur Toyota, expliquant qu'il s'agissait d'« un problème mécanique, un design unique, une pédale conçue selon leurs spécifications ». Les limites de la chasse aux coûtsCe rappel massif pose le problème des rapports de Toyota avec ses sous-traitants. Réputé naguère pour sa relation étroite avec ses fournisseurs nippons, dont il est souvent actionnaire, le groupe a été obligé de s'adresser, hors de chez lui, à des équipementiers locaux. Et, dans son souci de prendre rapidement des parts de marché, principalement aux Etats-Unis, il n'a pas forcément été capable de tisser des liens aussi étroits avec eux. Par ailleurs, Zenjiro Imaoka, auteur d'ouvrages sur la gestion « juste à temps », souligne à l'AFP que le groupe est « obsédé par la réduction des coûts ». Celle-ci met une « pression sur les fournisseurs qui peut porter atteinte au contrôle qualité ». Les deux phénomènes ont donc pu se conjuguer.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.