La grande braderie du football made in France

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Pas parce que notre Ligue 1, à l\'instar de la Premier League anglaise ou de la NBA, vend avec succès ses droits TV à l\'international, ou ses produits dérivés au reste du Monde. La France, elle, exporte ses joueurs ! Asseyez vous : nous sommes devenus le premier pays exportateur de joueurs en Europe ! C\'est l\'étude démographique de l\'Observatoire du football du CIES qui le montre dans sa dernière livraison. Ceci se confirme à une autre échelle avec le Basketball, puisque le contingent des joueurs français jouant cette année dans la prestigieuse ligue américaine NBA est le plus important hors joueurs nord américains. L\'étude du CIES décrit une tendance lourde. Il y avait une diaspora yougoslave dans les années 70 et 80, il y a encore une diaspora bresilienne, il y aura désormais une diaspora française.Des actes de survieCes résultats impressionnants doivent être rapprochés des performances sportives et économiques de notre ligue professionnelle de Football, élargissons aussi à celle du Basketball et de leurs clubs respectifs. La crise s\'est invitée durablement ici aussi. La grande braderie des quelques talents et des autres, puisque partent non seulement ceux qui peuvent prétendre aux sélections nationales mais aussi les autres, tout cela ressemble à des actes économiques de survie. Et là tout s\'enchaîne, droits tv à la baisse, recettes directes et indirectes aussi. Ajoutons une fiscalité européenne, que l\'on sait si peu harmonisée, sans parler de choix politiques répétés qui laissent songeurs quand à la réelle culture sportive de notre pays. Nous l\'avons déjà souligné dans ces colonnes, notre diplomatie éducationnelle et culturelle est reconnue et redoutée. Notre création et nos industries culturelles s\'imposent à travers le Monde. L\'influence douce de la France c\'est aussi la richesse et l\'attractivité de son Patrimoine, la variété, l\'authenticité et la qualité de sa nature. La gastronomie, sa tradition célébrée récemment par l\'Unesco et ses produits, la mode, ses créateurs et ses marques, créent un mix encore plus performant qui s\'exporte et attire.Les ligues professionnelles, instrument du soft power économiqueMais dans le mainstream planétaire, la place conquise par le sport doit nous interpeller. Elle l\'est en particulier pour la jeunesse des pays émergents, qui n\'a pas le même imaginaire ni la même relation au Monde d\'hier, celui de ses parents et qui demain va constituer à la fois les élites et le marché de ces pays. Les relations entre le sport, l\'économie et les territoires illustrent, sans concession, les changements d\'échelles de notre temps. Comme l\'accueil de grandes compétitions internationales, nous ne ferons pas de commentaire ici, les ligues professionnelles sont devenues des instruments de soft power et d\'attractivité économique. Nos territoires et leurs gouvernements doivent prendre le leadership d\'un changement d\'approche. La ligue 1 même anémiée, c\'est plus de 600 millions d\'euros d\'impôts et charges sociales collectées. Nos entreprises doivent s\'associer et s\'engager durablement à cet effort dans un véritable partenariat public-privé. Le sports branding est devenu, tant pour les territoires que pour les entreprises, un enjeu économique et réputationnel sans peu d\'équivalent.En perte de compétitivité, sur ce terrain aussiComme sur le reste de l\'économie, s\'ouvrir aux investissements des autres pour relancer la machine peut comme en Angleterre devenir une partie de la solution. Le Qatar et ses petrodollars s\'offrant le PSG devenu lui même un outil de la stratégie de soft power qatari, pourrait être un allié, sauf que malheureusement le PSG ne fait pas son marché en France et pendant ce temps les clubs français exportent leurs meilleurs joueurs depuis plusieurs années. Les exemples de Lille et de Lyon sont édifiants.Aujourd\'hui notre réalité est celle d\'un pays qui sur ce terrain aussi semble en perte de compétitivité. Nous glissons progressivement mais surement vers la cinquième place à la remorque de l\'économie des ligues anglaises, allemandes, espagnoles et italiennes.Reste le rugby...Nous allons devoir nous en remettre à notre numéro 10 de légende, qui lui s\'est installé au sommet de l\'Europe du Football et qui depuis la Suisse préside l\'UEFA. Michel Platini et son « fair play » financier qui vient d\'éliminer le club de Malaga, dans une sorte de régulation voulant encadrer le fonctionnement économique du Football européen qui peut être nous sauvera à terme. Sinon, il nous restera le Rugby et son Top 14. Certes la planète Rugby est régionale, celle du Foot est universelle. Mais notre championnat attire les talents et les stars. Avec leurs clubs et leur argent, ils font de la ligue française, la meilleure et la plus exposée. A tel point que revers de la médaille, cette fois ce sont les jeunes joueurs français qui ont du mal à trouver du temps de jeu. *Professeur associé à l\'Université de Paris 1 la SorbonneConseil en diplomatie publique Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professional

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