L'Afrique du Sud portée par la Coupe du monde de football

Les Bafana Bafana, les joueurs de l'équipe nationale de football sud-africaine, ne sont pas vraiment donnés favoris de la Coupe du monde, qui débutera le 11 juin en Afrique du Sud. La première économie du continent est en revanche assurée d'en sortir gagnante. Les économistes de Morgan Stanley estiment en effet que la venue d'au moins 350.000 fans du ballon rond disposant d'un pouvoir d'achat conséquent devrait doper la croissance de l'économie sud-africaine d'un demi-point de PIB. La croissance atteindrait du coup 3 % en 2010, après un recul de 1,7 % en 2009. Le président Jacob Zuma compte également sur un effet psychologique. La première Coupe du monde de football à se dérouler sur le continent africain pourrait contribuer à ressouder la nation arc-en-ciel. En lui faisant jouer un « remake » du dernier film de Clint Eastwood, « Invictus », dépeignant un Nelson Mandela cherchant à fédérer un pays tout juste sorti de l'apartheid grâce à une victoire de l'équipe sud-africaine lors de la Coupe du monde de rugby de 1995. 350.000 touristes attendusUn récent sondage de la Fifa, la Fédération internationale de football, abonde dans ce sens. Selon ce sondage, 79 % des Sud-Africains considèrent que l'événement permettra d'unifier les composantes de la population, 88 % que la compétition bonifiera l'image du pays à l'étranger, 91 % que davantage d'emplois seront créés. Enfin, 91 % sont convaincus que le secteur touristique sera considérablement renforcé. La Coupe du monde de 1998, par exemple, avait eu un impact significatif sur l'économie française après la victoire des Bleus. Deux millions de billets ont déjà été vendus, selon la Fifa. Les 350.000 touristes attendus en Afrique du Sud au printemps devraient, selon les estimations de Morgan Stanley, dépenser environ 15 milliards de rands (2 milliards de dollars) dans le pays au cours de la Coupe du monde. Un peu plus de 1,2 milliard de rands irait à l'achat des tickets donnant accès à la dizaine de stades accueillant la compétition, tandis que 13,6 milliards seraient consacrés aux dépenses courantes (transport, hôtel, restauration, etc.). La compétition organisée par la Fifa devrait aussi engendrer une fièvre dépensière parmi les Sud-Africains qui pourraient dépenser 15 à 20 milliards de rands supplémentaires. Pour accueillir l'événement, Pretoria a investi massivement pour mettre à niveau ses infrastructures sportives ou de transports. Les travaux de rénovation des dix stades retenus pour la compétition sont achevés. Le Green Point Stadium du Cap a même accueilli son premier match le week-end dernier. Le Gautrain, qui doit relier Johannesburg, la capitale économique, à Pretoria, la capitale politique, ne sera pas livré avant octobre, plusieurs mois après la fin de la compétition. Dommage pour les fans de football. Mais les dépenses ont bel et bien été engagées et soutiennent l'activité. ZOOM. Soupçon d'entente sur les prix des billets d'avionL'Afrique du Sud a ouvert une enquête sur une éventuelle entente illégale des compagnies aériennes sur le prix des billets d'avion pendant la Coupe du monde de football, a indiqué la Commission sud-africaine de la concurrence. L'enquête vise les compagnies British Airways, Comair, South African Airways (SAA), SA Airlinks et SA Express, ainsi que les compagnies « low-cost » 1Time et Mango. Elles sont soupçonnées d'entente sur les prix durant le Mondial, du 11 juin au 11 juillet. Le billet le moins cher, Johannesburg-Le Cap, avec SAA le 11 juin s'élevait jeudi à 4.053 rands (534 dollars, 382 euros), soit le double du prix d'un billet pour le même vol un mois plus tôt.

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