Arbitrage : le risque est mal rémunéré sur les actions

En Bourse, comme dans la vie courante, tout risque mérite rémunération. Du moins, en théorie. Car les crises survenues depuis le début du nouveau millénaire ont remis en cause les grands principes exposés dans les manuels de finance. « Le risque actions a été très mal rémunéré au cours de la dernière décennie. Les indices des pays occidentaux sont en-dessous de leurs niveaux de 2000. Contrairement à ce qui s'est produit dans les pays émergents, les actions ont été devancées, en termes de performance, par les obligations sur la période », commente Frédéric Leroux, directeur de la gestion des risques chez Carmignac Gestion. Si bien que, pour la première fois depuis au moins vingt-cinq ans, le rendement facial (rapport entre le cours et le dividende par action) des sociétés du S&P500 a dépassé, au pire de la crise, en mars 2009, le taux de coupon de leurs obligations. Les signes avant-coureurs d'une franche repriseEn outre, l'indice américain a beau être moins volatil qu'il y a dix ans, comme le montre le passage de 26 % à 22,7 % du VIX entre début 2000 et maintenant, il cote aujourd'hui plus de 20 % en-dessous de son niveau de l'époque. Mais l'un des exemples les plus flagrants de la difficulté du marché à payer correctement le risque encouru sur le compartiment actions figure dans les statistiques des équipes d'Exane Derivatives. Selon eux, l'Euro Stoxx 50 afficherait un ratio performance-volatilité proche de 1 contre 4,5 pour les obligations. La messe est dite. Mais ces chiffres pourraient bien constituer les signes avant-coureurs d'une franche reprise des indices boursiers. D'après Frédéric Leroux, le retour d'une inflation modérée favoriserait le compartiment actions même s'il était suivi d'un relèvement de taux, et cela au détriment du marché obligataire. « Les entreprises ont consenti de gros efforts pour alléger leur structure de coûts. Dès lors, lorsque les volumes et les prix repartiront à la hausse, le levier sur les résultats sera substantiel », estime l'expert. Car pour que la prime de risque retrouve du sens, encore faudrait-il que la visibilité s'améliore sur les profits des sociétés cotées.

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