Au Medef, Sylvia Pinel subit les foudres de patrons excédés

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Les enquêtes conjoncturelles ont beau indiquer que, globalement, les chefs d\'entreprises retrouvent le sourire... Sur le campus d\'HEC Paris, ceux du Medef font grise mine. Dans leur collimateur ? Encore et toujours la fiscalité, certes, - l\'un des débats s\'intitule même \"la France, enfer fiscal\" - mais pas seulement. Plus largement, ils se disent incompris, et des Français, et du gouvernement. En témoigne l\'un des débats de ce jeudi matin où, pendant que le ministre du Budget tentait de rassurer sur les hausses d\'impôts en 2014, Sylvia Pinel, la ministre de l\'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, en charge notamment de la réforme du régime de l\'auto-entrepreneur subissait les foudres d\'une assemblée de patrons excédés. \"Je ne veux pas être le seul imbécile de service\"Premier à faire feu: Jean-Luc Petithuguenin, PDG du groupe Paprec et lauréat d\'un prix de l\'entrepreneur, réveille la salle en interpellant la ministre. \"Aligner la fiscalité du capital sur celui du travail est une fausse bonne idée\", s\'emporte-t-il. Après avoir raconté comment ses concurrents fuient désormais la France pour s\'installer en Belgique ou en Suisse, il en conclut: \"je ne veux pas être le seul imbécile de service\". \"Spoliation fiscale\"Dans le même ordre d\'idée, Xavier Fontanet, ex-PDG d\'Essilor, défend la \"récompense\" comme gage de réussite. Avec Essilor, \"on n\'aurait pas pu conquérir le monde si on n\'avait pas promu la réussite\", plaide-t-il avant de regretter que les entrepreneurs soient \"absents du gouvernement\". Un peu plus tard, il pousse son discours à l\'extrême, parlant de \"spoliation fiscale\". Il assimile l\'exil fiscal de certains à celui des \"Bretons et habitants de l\'île de Sein qui partaient rejoindre de Gaulle\", poussés par la peur de perdre leurs biens pendant la Seconde Guerre mondiale. Un propos qui ne sera relevé par personne dans la salle.  \"Tuer les auto-entrepreneurs, c\'est valoriser la réussite?\"Pendant ce temps, sur l\'écran situé derrière les orateurs défilent des messages de participants. La plupart se révèlent pour le moins acerbe à l\'égard de François Hollande, accusé de \"ne pas aimer les riches\", du gouvernement, et plus encore de la ministre elle-même.  Ces message listent de nombreux autres griefs, à commencer celui des \"poussins\" qui s\'opposent à la réforme de l\'auto-entrepreneur. \"Tuer les auto-entrepreneurs, c\'est valoriser la réussite?\", s\'offusque ainsi un message. Le sujet revient souvent, il est d\'actualité, même si aucun auto-entrepreneur n\'est présent pour discourir des moyens de \"propager le succès\" (le thème originel du débat). \"Le gouvernement a démontré depuis un an qu\'il était attaché à ses entrepreneurs\"Face à cette volée de bois vert, la ministre n\'en mène pas large. Seule femme sur scène à côté de huit intervenants et un modérateur, tous au moins quadragénaire - ce qu\'elle n\'a pas manqué de faire remarquer - elle tente de se défendre. Mais, peine perdue : en plaidant que \"le gouvernement a démontré depuis un an qu\'il était attaché à ses entrepreneurs\", elle déclenche les rires sarcastiques de l\'assemblée. Pour réponse, Sylvia Pinel avance que \"le gouvernement actuel c\'est, pour la fiscalité des entreprises, 13 milliards de moins qu\'en 2011\". Elle met également en avant notamment le Crédit d\'impôt pour la compétitivité et l\'emploi (CICE). Elle tente également d\'atténuer les critiques contre la réforme de l\'auto-entrepreneur en pointant les mesures qui sont passées inaperçues sur les baux commerciaux par exemple. Seule une toute petite poignée de participants applaudissent sa conclusion. Et sur l\'écran diffusant des messages, derrière son dos, l\'un d\'entre eux l\'assure de son soutien.\"Un divorce complet avec le monde de l\'entreprise\"Alors, impossible, le dialogue avec le gouvernement? \"Il est sur ses indicateurs macro-économiques (...) et on voit dans des journées comme aujourd\'hui qu\'il y a un divorce complet avec le monde de l\'entreprise\" constate auprès de La Tribune, Stanislas de Bentzmann, le nouveau président du réseau d\'entrepreneurs Croissance Plus. Alors que tous les débats de cette université se désolent du \"pessimisme\" et du \"marasme français\", rien de positif ne serait donc à signaler dans l\'action de l\'exécutif? Le patron des patrons \"de croissance\" en trouve tout de même un: \"la création du PEA-PME\", le plan d\'épargne en actions récemment dévoilé par le ministre de l\'Economie.  >> Pour aller plus loin, suivez en direct l\'université d\'été du Medef

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