L'économie britannique accélère avant de bientôt ralentir

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Le Bureau national des statistiques a revu à la hausse la croissance britannique du second trimestre à 1,2 % (par rapport au premier), contre 1,1 % annoncé il y a un mois. Le Royaume-Uni enregistre son meilleur résultat trimestriel depuis 2001. Les économistes ne se réjouissent pourtant pas de cette nouvelle. « Ce trimestre représentera probablement le point de croissance trimestriel le plus élevé puisque la pression fiscale et le nouveau ralentissement de l'activité mondiale vont empêcher une relance plus robuste », explique Hetal Mehta, économiste chez Daiwa Capital Markets Europe. Les mesures d'austérité du gouvernement conservateur-libéral de David Cameron et Nick Clegg, annoncées en juin, devraient peser sur cette reprise et font du coup débat outre-Manche. Ed Balls, l'ancien ministre de l'Éducation de Gordon Brown et candidat à la direction du Parti travailliste, critique « qu'en retirant les fondations pour la croissance et les créations d'emplois en Grande-Bretagne, David Cameron, Nick Clegg et George Osborne [le chancelier de l'Échiquier, Ndlr] nous exposent à la nouvelle tempête économique qui arrive et, en plus, ils minent les objectifs de stabilité des marchés et de réduction du déficit que leurs politiques sont censées atteindre ». Les femmes pénaliséesSes reproches font écho à plusieurs rapports publiés récemment sur les conséquences de cette austérité. L'Institute for Fiscal Studies, un centre de recherche renommé, assure que « les changements en termes d'impôts et d'aides sociales annoncés dans le budget d'urgence sont clairement régressifs et, en moyenne, touchent plus les foyers les plus modestes que ceux des classes moyennes et aisées aussi bien en termes de redistribution des revenus qu'en pourcentage ». Les foyers pauvres avec enfants seront les premiers concernés par la réduction des allocations et perdront environ 5 % de leur budget annuel. La Fawcett Society, un centre de recherche sur les femmes, attaque quant à lui en justice la légalité du budget du chancelier George Osborne. Une première dans le pays. Sa directrice, Ceri Goddard, estime en effet qu'il « risque de faire reculer les droits d'égalité de la femme au Royaume-Uni d'une génération ». Les femmes subiront en effet 72 % des réductions budgétaires prévues. 600.000 emplois doivent disparaître dans la fonction publique, où les femmes représentent 65 % des salariées. Elles sont aussi les premières bénéficiaires des aides sociales, dont le niveau a été réduit par le gouvernement.

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