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Quel avenir pour l'économie française dans un monde de plus en plus globalisé ?

La Tribune

Publié le 29 septembre 2013 à 21:03 - Mis à jour le 29 septembre 2013 à 21:03

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Le présent est-il si peu radieux pour que l\'avenir de l\'économie française soit ainsi au centre de toutes les attentions ? Après le ministère du redressement productif et ses 34 projets industriels, la Commission Lauvergeon dont on attend toujours le compte-rendu des travaux, et le Medef, c\'est au tour du Commissariat à la stratégie et à prospective, affichant pleinement sa mission, de plancher sur le futur.Décrochage progressifCet engouement pour la prospective n\'est guère surprenant. Nombreux sont les économistes qui expliquent en partie le décrochage progressif de l\'industrie française par l\'absence de vision stratégique de long terme.Jeudi, lors d\'une série de débats organisés, le Commissariat dirigé par Jean Pisani-Ferry a tenté d\'esquisser ce que pourrait être demain pour les entreprises tricolores et leurs salariés dans un monde davantage encore internationalisé.« De quelle manière la France doit-elle s\'insérer dans le commerce mondial ? Si la France n\'a pas tranché cette question, d\'autres pays tels que l\'Allemagne et le Royaume-Uni l\'ont fait. Ces deux pays constituent des exemples opposés d\'insertion internationale », explique le Commissariat dans une note introductive aux débats.L\'Allemagne a enregistré un excédent commercial de 188 milliards d\'euros en 2012En effet, l\'Allemagne s\'est intégrée dans la chaîne de valeur ajoutée mondiale à travers une puissante industrie manufacturière. Comment ? En délocalisant les segments à plus faible valeur ajoutée du processus de production pour concentrer ses efforts sur les segments à forte valeur ajoutée.Grâce à cette stratégie, elle affiche un excédent de la balance commerciale particulièrement enviable, tiré par des exportations nettes de biens qui font plus que compenser les importations nettes de services. En 2012, l\'Allemagne a enregistré un excédent commercial de 188 milliards d\'euros quand la France affichait un déficit de 67,2 milliards…Une stratégie différente au Royaume UniLe Royaume-Uni a adopté une stratégie radicalement différente, centrée sur les services échangeables. Résultat, si sa balance commerciale reste déficitaire, celle des services est largement excédentaire comparée à celle de la France.« Par exemple, pour l\'année 2012, la balance des services présentait un surplus de 4,5 % du PIB, contre un excédent de 0,9 % pour la France », observe le Commissariat qui constate également que le Royaume-Uni s\'attache aussi à attirer des talents et les capitaux du monde entier, à l\'image des États-Unis.Au regard de ces deux exemples, une stratégie à l\'allemande est-elle envisageable pour la France, comme l\'espèrent certains experts qui vantent le modèle outre-Rhin reposant sur la puissance du Mittlestand, son tissu de moyennes entreprises ?Copier nos amis anglais ?Pour y parvenir, de nombreux chantiers doivent être menés, notamment pour favoriser le développement des entreprises. Le modèle britannique serait-il duplicable en France, sachant que les services qui représentent 60 % de l\'activité économique globale mais seulement 20 % du commerce international « sont appelés à se développer de façon à la fois intensive et extensive », note le Commissariat, rappelant que l\'Union européenne et les États-Unis étaient entrés dans des négociations sur le commerce de services pour accroître ceux susceptibles d\'être échangés, ouvrant la voie à une croissance extensive.« Dans le même temps, le rattrapage économique des pays émergents s\'accompagne d\'un rapprochement des standards de consommation de services, comme en témoignent déjà les évolutions de leurs importations de services », poursuit la note.Dans ce contexte, miser sur les services intensifs en savoir, où la France semble posséder un avantage, est-il la solution ? Le Commissariat ne tranche pas. Il tranche d\'autant moins que, comme il le rappelle, certains services se développent en symbiose avec l\'industrie, les consommateurs demandant des solutions complètes et des produits industriels sur-mesure qui incorporent une proportion croissante de services.Un modèle français hybride« Doit-on choisir entre un mode d\'insertion internationale tourné vers les services ou les biens, ou délibérément opter pour un modèle hybride avec comme principal critère les sous-secteurs où les gains de productivité sont les plus élevés ? L\'enjeu central n\'est-il pas au final celui de l\'innovation et de la créativité, que ce soit dans l\'industrie ou dans le secteur des services ? », s\'interroge le Commissariat. La réponse est probablement en partie dans la question.

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