Du sang et des larmes pour les banques irlandaises

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Que restera-t-il des banques irlandaises ? Depuis le début de la crise financière, elles ont déjà reçu 50 milliards d'euros d'argent public. A l'issue du plan d'aide concocté par l'Union européenne et le FMI, 35 milliards d'euros supplémentaires - soit un peu plus de 40 % du plan total de 85 milliards d'euros - ont été mis à leur disposition : 10 milliards pour les besoins de recapitalisation immédiats et 25 milliards pour couvrir leurs besoins de financement futurs, si comme cela est probable, l'accès aux marchés de capitaux continue à leur être fermé. Principales conséquences de ces interventions pour les plus grandes institutions financières : une réduction drastique de la taille de leur bilan et la nationalisation. Pour certaines, c'est déjà chose faite : Anglo Irish Bank est passée sous contrôle public en janvier 2009. Désormais, son existence même est remise en question. Le nom de la banque doit disparaître « aussi rapidement que possible », a déclaré le gouverneur de la banque centrale irlandaise, Patrick Honohan ce lundi. L'institution travaille sur un nouveau projet, qui pourrait aboutir à la disparition pure et simple de l'établissement après le transfert de ses actifs les plus sains dans une autre structure.Allied Irish Banks (AIB), elle, sera de fait nationalisée après avoir reçu une aide estimée à 5,3 milliards d'euros de la part du gouvernement. Quant à la part de l'Etat dans Bank of Ireland, autrefois considérée comme un fleuron national, elle pourrait passer de 36 à 80 % car BofI doit lever 2,2 milliards d'euros pour renforcer ses fonds propres et il y a peu de chances qu'elle y parvienne sans le soutien de l'Etat. La situation d'AIB et de BofI est d'autant plus critique que leurs dépôts ont plongé de quelque 22 % depuis fin juin. De leur côté, nombre d'établissements de taille plus modeste, telles que les « building societies » pourraient être amenées à fusionner. Des discussions sur un possible rapprochement entre Permanent TSB (filiale de Irish Life & Permanent), EBS et Irish Nationwide auraient d'ailleurs commencé.Besoins significatifsSi leur taille est moins grande, ces établissements n'en ont pas moins des besoins en capital significatifs. Le bancassureur Irish Life & Permanent a annoncé lundi qu'il lèverait par ses propres moyens une centaine de millions d'euros d'argent frais, afin de se conformer aux nouvelles exigences en terme de fonds propres. La banque centrale a en effet porté de 8 à 12 % l'objectif de « core tier one » et estime les besoins d'Irish Life à 243 millions d'euros. Enfin, toujours selon la banque centrale, 963 millions d'euros manqueraient à EBS.

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