La Poste perd son monopole du courrier

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C'est au tour de La Poste. Après le transport aérien en 1997, les télécoms un an plus tard, le fret ferroviaire en mars 2006, l'électricité et le gaz en 2007, ou encore le transport ferroviaire de passagers à l'international fin 2009, les services postaux français s'ouvriront totalement à la concurrence ce samedi 1er janvier, avec la fin du monopole de La Poste sur les plis de moins de 50 grammes. Ceux-ci représentent 80 % des envois réalisés en France. Il s'agit de l'étape ultime de la libéralisation du courrier orchestrée par les directives européennes de 1997 et 2002 dans le but de baisser les prix et d'améliorer les prestations aux consommateurs. Mais cette ouverture est loin de provoquer le big-bang annoncé à l'époque. Aucun acteur, français ou étranger, n'a voulu défier La Poste.Avec l'essor d'Internet, le courrier est en recul, alors qu'en 2002 il apportait l'essentiel des résultats du groupe. Ses volumes devraient chuter de 30 % entre 2008 et 2015. « Personne n'avait imaginé que, au jour de son ouverture totale à la concurrence, le marché du courrier serait en déclin, contrairement aux marchés des télécoms, de l'énergie et des transports qui, eux, progressaient », rapporte un proche du PDG de La Poste, Jean-Paul Bailly.Pour autant, la situation n'est pas figée. Ils n'étaient que deux à défier France Télécome;lécom en 1998. Et dans l'aérien, personne n'avait imaginé, lors de la fin du monopole d'Air Inter en 1997, l'essor d'Easyjet. « À court terme, aucun concurrent ne se profile à l'échelle nationale. À moyen terme, il en sera probablement autrement », assure la même source. Même s'il y a peu de chances qu'un concurrent tente de reproduire le schéma de distribution universelle de La Poste, il n'est pas exclu que des challengers se positionnent sur des zones spécifiques, comme Paris ou Lyon.9 milliards d'investissementsDans tous les cas, La Poste a pris les devants. Depuis la loi sur la régulation postale de 2005, elle s'y prépare. Le passage en société anonyme, au printemps, lui a facilité la tâche. Il a permis à la Caisse des dépôts de participer, aux côtés de l'État, à une augmentation de capital de 2,7 milliards d'euros. Cet argent frais était nécessaire au groupe public pour accompagner son plan de développement d'ici à 2015. Celui-ci fait la part belle à La Banque Postale, la locomotive du groupe, censée dégager à cet horizon la majeure partie des profits du groupe. Néanmoins, sur les quelque 9 milliards d'investissements prévus au cours de cette période, 1 milliard sera consacré au courrier.Après les services postaux, la laborieuse libéralisation du marché ferroviaire domestique pour les passagers constituera le gros dossier à venir. Certains observateurs tablent sur 2014, deux ans après la publication d'une directive européenne sur le sujet attendue fin 2011-début 2012.

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