« Peu d'opérateurs vont vouloir la concurrencer »

STRONG>Emmanuel de la Burgade, professeur à l'École supérieure de commerce de Rennes, auteur du livre « Bougez avec La Poste »Qu'attendez-vous de l'ouverture du marché du courrier au 1er janvier ?Je n'en attends pas forcément de grands changements. Car, avec la forte baisse du marché français du courrier, peu d'opérateurs vont vouloir concurrencer La Poste. Ceux qui s'y sont essayés sur d'autres segments ont eu du mal. Pour preuve : Alternative Post (sur le marché du courrier non adressé) a fait faillite en 2009. Peu de repreneurs se sont présentés à la barre du tribunal. Car il y a une très faible visibilité sur ce marché. Les opérateurs étrangers préfèrent s'orienter sur des segments à valeur ajoutée, à l'instar de Deutsche Post ou de la Swiss Post. Ceux-là ont une licence d'activité pour le courrier international. Mais je ne suis pas convaincu qu'ils demanderont une licence pour le courrier national en France. Seul Adrexo dispose d'une licence nationale pour les plis de plus de 50 grammes, depuis 2006. Il l'a testée dans les Hauts-de-Seine, avant de l'abandonner. Il attend maintenant l'ouverture du marché du 1er janvier 2011. C'est le plus déclaré des opérateurs sur ce marché.La Poste gardera-t-elle son leadership ?Oui, très vraisemblablement. En Suède, par exemple, la Poste a conservé 90 % du marché du courrier. Car, pour être un opérateur postal, il faut un réseau d'agences, de boîtes et de facteurs très important. Il coûte très cher. Ce réseau assure les volumes d'activité et contribue à la qualité des prestations. Les nouveaux opérateurs en sont privés.Peut-on faire un parallèle avec les ouvertures des marchés des transports ferroviaires ou de l'électricité ?Il est difficile de faire cette analogie. Car les secteurs de l'électricité et du transport ferroviaire ont séparé la gestion du réseau physique des utilisateurs de ces réseaux. RTE fait payer son réseau à EDF, par exemple. Veut-on que La Poste soit un réseau pour d'autres opérateurs ? Ce n'est pas la solution retenue, puisqu'un mécanisme de compensation est mis en place. Tout l'enjeu se concentrera sur les plates-formes urbaines où s'échange le plus gros volume de courriers. Car les nouveaux opérateurs ne chercheront pas à assurer la distribution de courrier dans des petites villes.Peut-on s'attendre à une baisse de tarifs du courrier ?Il ne faut pas y croire pour les services aux particuliers. Le volume de leur courrier ne représente que 10 % du marché. En revanche, les tarifs pourraient baisser pour le courrier institutionnel et le courrier des entreprises. Mais La Poste a déjà baissé ses tarifs via des segmentations tarifaires pour les entreprises. Propos recueillis par Juliette Garnie

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