La Françafrique n'est pas morte
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Trois ans après sa mort annoncée, le cadavre de la Françafrique bouge encore. L'Elysée s'en défend. Le dîner donné ce lundi par Nicolas Sarkozy à Nice en l'honneur des chefs d'Etat et de gouvernement africains participant au sommet ne sera cette fois pas réservé aux seuls pays francophones. Preuve, selon l'Elysée, que « la France a rompu avec les vieilles habitudes et entretient désormais des liens avec tout le monde ». Il y a trois mois, le président français proclamait au Gabon sa volonté de normaliser les relations franco-africaines et d'en finir une fois pour toutes avec « les clichés, les fantasmes et les procès d'intention ». Il rappelle qu'il a engagé la révision des accords de défense liant Paris et les régimes « amis », base juridique de son rôle de « gendarme de l'Afrique ».Mais la « rupture » promise peine à convaincre. En 2007, la première visite du président sur le continent africain fut pour le Gabon, corne d'abondance de la Fançafrique depuis quatre décennies. En 2008, ce fut le soutien officiellement « logistique » au régime tchadien menacé par les rebelles. Puis le limogeage du secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui s'était engagé à « signer l'acte de décès de la Françafrique ». L'avocat Robert Bourgi, conseiller de l'ombre de l'Elysée pour ces questions, a reconnu peu après que c'étaient Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Paul Biya, tous présents à Nice, qui avaient demandé la tête de l'imprudent secrétaire d'Etat. Lequel a depuis été remplacé par Alain Joyandet, qui se présente comme un « ultrasarkozyste » et n'a rien à trouvé à redire à l'élection troublée d'Ali Bongo.ContinuitéNicolas Sarkozy est venu trois fois au Gabon (1 million d'habitants) depuis qu'il est à l'Elysée, mais pas une seule au Nigéria (140 millions d'habitants), premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne. « L'affaire des biens mal acquis » sur le patrimoine immobilier de plusieurs chefs d'Etat africains, aujourd'hui devant la Cour de cassation après avoir été classée par le parquet, a aussi souligné que Paris n'entendait pas lâcher ses protégés. X. H.
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