Les banques centrales dégainent leurs armes non conventionnelles

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Face à une crise d'une ampleur sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, les banquiers centraux des grandes économies mondiales ont sorti l'artillerie lourde en se lançant dans des mesures « d'assouplissement quantitatif ». Incapables de remettre l'économie sur les rails en agissant sur le seul loyer de l'argent, c'est-à-dire en baissant les taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas pour rendre le crédit plus accessible, les grands argentiers de la planète ont en effet dû se résoudre à gonfler artificiellement les quantités de monnaies dans leurs économies respectives en utilisant plusieurs canaux de diffusion. Avec pour objectif ultime de faire davantage baisser les taux à long terme pour relancer la consommation et l'investissement privés et éviter l'enclenchement d'un spirale déflationniste.C'est aux États-Unis que le mouvement a pris le plus d'ampleur. Après avoir abaissé à une fourchette de 0% à 0,25% le loyer de l'argent en décembre 2008, la Fed a finalement annoncé en janvier 2009 le lancement d'un programme d'achat de 1.250 milliards de dollars de titres hypothécaires émis par les deux agences de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, achevé le 31 mars dernier. En parallèle, la Fed a démarré l'achat de 300 milliards de bons du Trésor américain, également achevé en mars de cette année. Au total, le bilan de la Fed a quasiment triplé depuis l'éclatement de la crise des subprimes, à 2.300 milliards de dollars.Éteindre l'incendie grecÉgalement confrontée à une crise immobilière majeure, la Banque d'Angleterre a suivi sa consoeur américaine sur la voie des achats d'actifs. La banque a annoncé en mars 2009 un programme de 150 milliards de livres d'achats d'obligations d'État et d'entreprises, finalement porté à 200 milliards.En raison de la spécificité du financement au sein de la zone, qui passe essentiellement par le système bancaire et non les marchés financiers, la BCE n'a que très modérément fait appel aux mesures utilisées par la Fed et la BoE. L'institution, qui a abaissé plus progressivement ses taux d'intérêt, bloqués à 1% depuis mai 2009, a surtout oeuvré pour se substituer à un marché interbancaire défaillant via ses opérations de refinancement exceptionnelles à 3, 6 et 12 mois, effectuées à taux fixe et pour des montants illimités. En termes d'achats d'actifs, la BCE n'a, en tout et pour tout, acheté que 60 milliards d'obligations sécurisées (ou « covered bonds ») pour soutenir ce marché qui permet aux banques de se refinancer. La BCE a en outre acquis 60 milliards d'euros d'obligations d'État pour éteindre l'incendie grec, tout en s'engageant à stériliser ces achats en pompant des montants équivalents.Comme la BCE, la Fed et la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon a déployé tout un arsenal de mesures pour soutenir les marchés financiers depuis le début de la crise. Outre l'abaissement de son taux directeur à 0,10 % en décembre 2008 et la fourniture de prêts d'urgence au système bancaire, l'institution acquiert chaque mois 1.800 milliards de yens (21 milliards de dollars) d'obligations d'Etat sur le marché secondaire. Julien Beauvieux

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