Débuts explosifs pour ChiNext, le Nasdaq chinois

Marchés émergentsCélèbre en Chine pour avoir porté à l'écran des stars comme Jackie Chan ou Zhang Ziyi, Huayi Brothers Media, la maison de production cinématographique chinoise a fait un carton hier. Mais cette fois pas dans les salles obscures : introduite à l'instar de 27 autres start-up chinoises sur ChiNext à l'occasion de l'ouverture, à Shenzhen, de cette nouvelle Bourse destinée aux petites et moyennes entreprises de croissance, le titre Huayi a fait l'objet d'une demande record. jour de gloireEn une séance, il s'est envolé de près de 148?%. Huayi n'a toutefois pas eu le monopole du succès. S'il a, de par sa notoriété, marqué les esprits ? et reste ce jour-là la valeur la plus échangée ?, la palme en terme de gains est revenue à Chengdu Geeya Technology, un fabricant de décodeurs pour télévision digitale (+ 210?%) puis à Anhui Anke Biotechnology avec près de 200?% de hausse. Dans l'ensemble, les 28 sociétés ont de toute façon connu un jour de gloire, avec au minimum un doublement de leurs cours pendant la séance qui a été marquée par une suspension des échanges de 30 minutes dans la matinée pour calmer la hausse. Cette dernière mesure ayant été mise en place par les autorités de régulation afin de limiter les risques liés à une spéculation excessive. Résultat, si seules 36 % des valeurs en fin de journée ont su maintenir leur performance ? et plus que doublé leurs cours ?, la capitalisation totale a tout de même été multipliée par deux, passant de 70 milliards de yuans (6,9 milliards d'euros) à 140. À titre de comparaison, la Bourse de Shanghai, à ses débuts, en 1990, ne comptait que 8 sociétés cotées pour une capitalisation de 700 millions de yuans. Elle en pèse aujourd'hui 17.000 milliards.Cet exemple laisse à penser que ChiNext a de beaux jours devant elle. Les attentes sont très fortes, tant du côté des investisseurs que des entreprises. Les uns comme les autres auront dû attendre plus de dix ans avant que n'aboutisse la naissance de cette Bourse. Et ce alors que les PME de Chine, et comme souvent d'ailleurs, peinent particulièrement à se financer. Faute de pouvoir accéder facilement à de l'argent frais, ces start-up avaient d'ailleurs jusqu'à présent tendance à aller se faire coter à l'étranger, notamment sur le Nasdaq américain, où une centaine d'entre elles ont déjà élu domicile. Dans un tel contexte, les colonnes de ChiNext pourraient rapidement s'étoffer. Une centaine de sociétés sont actuellement sur les rangs pour une introduction prochaine. Reste néanmoins pour elle, à satisfaire les exigences du régulateur, bien décidé, comme il l'a rappelé à plusieurs reprises, à « anticiper » et à « contrôler », les risques de dérapages sur ce marché. M. B.

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