Le Vatican choisit Mario Monti pour 2013

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Au Vatican, on vote pour Mario Monti. Dans son édition de jeudi, le quotidien du Saint-Siège, L’Osservatore Romano, a donné une bénédiction à peine voilée à la candidature à peine voilée du président du conseil italien à sa propre succession. L’entrée en politique du sénateur Monti, explique le rédacteur du journal du Vatican, est «un appel à retrouver le sens le plus haut et le plus noble de la politique, celui du bien commun.» Difficile de faire plus élogieux.Appel cordialDans sa même édition, L’Osservatore Romano, signale un fait encore plus significatif : Mario Monti a téléphoné ce mardi à Benoît XVI pour lui transmettre ses vœux de Noël. Un entretien, précise le journal «particulièrement cordial». Le fait n’est pas anodin, car il est de tradition que seul le président de la République italienne transmette au nom de l’Etat ses vœux. Là encore, il y a donc un geste significatif du Vatican envers le Professore Monti.Souvenirs de la DCCe vendredi matin dans la presse italienne, on ne cessait de souligner l’appui de l’Eglise à Mario Monti, alors même que, dès dimanche, le président de la conférence épiscopale italienne, Angelo Bagnasco ne tarissait pas d’éloges sur la «méthode innovante» du président du conseil. Du reste, beaucoup, comme le quotidien de centre-gauche La Repubblica évoquait la recomposition autour du Professore de l’ancienne Démocratie Chrétienne (DC), le parti centriste qui a dominé la politique italienne de 1946 à 1992. On conviendra que pour quelqu’un qui doit rénover la politique italienne, il y a là un paradoxe assez troublant.Berlusconi discréditéQuelles sont les raisons de ce soutien ? C’est d’abord l’échec du centre-droit de Silvio Berlusconi qui s’est entièrement discrédité. «Il paie la facture des scandales», reconnaît le sénateur berlusconien Carlo Giovanardi dans La Repubblica. Impossible pour l’Eglise de soutenir un tel parti. A l’inverse, retrouver la douceur de l’époque de la DC n’est pas sans charme pour le Vatican. D’autant que le Saint-Siège peut s’inquiéter de l’influence des partis de gauche laïques, notamment du SEL de Nicchi Vendola, et du syndicat Cgil sur un futur gouvernement de centre-gauche.La rigueur s’arrête aux portes de Saint-PierreMais il y a peut-être aussi plus prosaïque. En soutenant Mario Monti et en pariant sur son maintien au pouvoir, le Vatican peut espérer que la rigueur et l’austérité menée par l’actuel président du conseil s’arrête au bout de la Via della Conciliazione, la rue qui mène à Saint-Pierre de Rome. En effet, l’Eglise bénéficie en Italie d’un régime fiscal et de revenus confortables. Mario Monti avait, du reste, dans sa grande sagesse politique, engagé à l’automne un bras de fer avec Bruxelles pour éviter de demander à l’Eglise les arriérés dus de l’impôt sur l’immobilier, l’IMU. Un geste qui coûtait 1,2 milliard d’euros à l’Etat italien, mais que l’Eglise n’aura certes pas oublié… 

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