La voie est libre pour la création d'un géant français du transport

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Veolia Transport et Transdev ont levé le dernier obstacle à leur rapprochement avec l'obtention mercredi de l'approbation de l'Autorité Française de la Concurrence, qui n'a requis que des concessions relativement modestes. Cette autorisation, intervenant après celle des Pays-Bas et de l'Europe, ouvre la voie à la finalisation de la fusion qui devrait prendre de deux à trois mois. Dans le transport urbain (hors Ile-de-France), où l'union « détériorerait » la qualité des appels d'offres « dans 20 à 25 % des cas », selon l'Autorité, le nouvel ensemble s'est engagé à créer un « fonds d'animation de la concurrence » - une première, souligne l'Autorité. Doté de 6,5 millions d'euros, il servira à inciter les concurrents à répondre aux appels d'offres en leur offrant une indemnisation des coûts engagés pour leur candidature en cas d'échec. Une partie des fonds servira également à accompagner les collectivités lors de procédures de mise en concurrence.Les deux partenaires se sont également engagés à céder des actifs, dans quatre communes du Sud pour le transport urbain et dans quatre départements pour l'interurbain. Une fois constitué, le nouvel ensemble va s'atteler à l'intégration des deux entreprises et vise une introduction en Bourse d'ici à un an, via une augmentation de capital, si les conditions de marché sont réunies. Tendance à l'urbanisationVeolia-Transdev compte surfer sur la tendance à l'urbanisation dans le monde et des besoins de transport qui en découlent, qu'il s'agisse de tramways, trains, bus, ou encore voitures en libre service ou flotte de taxis électriques. Le futur groupe évalue ce marché à 340 milliards d'euros - dont 100 milliards accessibles aux entreprises privées, avec une croissance attendue de ce segment de 5 % par an. Ce marché est convoité par des acteurs de plus en plus internationaux, comme en témoigne le rachat du britannique Arriva par l'opérateur ferrovaire historique allemand, la Deutsche Bahn. Veolia-Transdev, ce géant du transport détenu à 50-50 par Veolia et la Caisse des Dépôts et Consignations (actionnaire majoritaire de Transdev), pèsera 8,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires ? 6 hérités de Veolia, deux de Transdev ? ce qui le place au troisième rang mondial derrière la SNCF et la Deutsche Bahn, mais premier opérateur privé. Présent dans 28 pays, le groupe reste essentiellement européen ? 3 milliards d'euros de vente en France, environ 4 hors de France. Son chiffre d'affaires aux Étas-Unis est d'environ 1 milliard. En Asie, il ne dépasse pas 200 millions. Si le groupe entend croître dans les pays émergents, il nourrit également des ambitions sur ses marchés historiques. Notamment dans le ferroviaire en France, où il va commencer de profiter de la libéralisation des liaisons internationales pour exploiter en juin des lignes entre la France et l'Italie, avec son partenaire Trenitalia. Sur le ferroviaire, il parie également sur l'Allemagne, où la semaine dernière Veolia à remporter son plus gros contrat pour exploiter des lignes régionales en Bavière.

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