Le Nobel du microcrédit face à la crise de croissance
La Tribune
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Muhammad Yunus est inquiet. Les dérives de certaines institutions de microfinance (IMF), en particulier en Inde, ont terni l'image du microcrédit dont le prix Nobel de la paix 2006, créateur de la Grameen Bank, est le hérault. Il y a peu, ce système n'était pas loin d'apparaître comme le sésame pour sortir de la pauvreté des millions de personnes exclues du système bancaire classique. En 2011, ses promoteurs devront convaincre que le secteur est capable de se réguler et de se protéger contre les « requins du crédit ». Le malaise s'est installé à l'été 2010, lorsque l'un des leaders indiens du microcrédit, SKS Microfinance, s'est introduit en Bourse. Quelques mois plus tard, ses premiers résultats publiés faisaient état d'un doublement des profits. Mi-octobre, le scandale éclate. En tout, 85 suicides de villageois surendettés ? en partie auprès de SKS ? sont recensés dans l'État d'Andhra Pradesh. Muhammad Yunus souhaiterait imposer un code de bonne conduite aux IMF. Mais il devra faire vite. Certains Etats, comme l'Inde, ont déjà commencé à légiférer, au risque de freiner l'expansion du microcrédit. S. R.
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