Des stars pour Star Wars : la Force est-elle toujours là ?
« La Revanche des Sith » ressort dans plus de 400 salles pour son 20e anniversaire. Zoom sur un phénomène qui perdure.
Marc-Aurele Garreau
« La Revanche des Sith », de George Lucas, avec Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman. 2 h 20. En salles du 25 au 29 avril.
LTD/Lucasfilm/20th Century Fox / EVERETT / Aurimages
Sixième film produit mais troisième chapitre de la grande histoire des Skywalker, cet opus réalisé par George Lucas fait le récit de la chute d'Anakin Skywalker du côté obscur de la Force et de sa renaissance en Dark Vador. Porté par Hayden Christensen et Ewan McGregor dans les rôles d'Anakin Skywalker et d'Obi-Wan Kenobi, La Revanche des Sith conclut de manière magistrale la prélogie.
Bien au-dessus du récit infantilisant de l'épisode 1, La Menace fantôme (1999), et de l'ennui poli provoqué par le suivant, L'Attaque des clones (2002). Il fut un triomphe commercial et critique immédiat. On y retrouve en effet l'ampleur, la noirceur et l'ambiguïté morale du chef-d'œuvre de la trilogie historique, L'Empire contre-attaque (1980), auquel La Revanche des Sith fait largement écho.
Alors que le film fête ses 20 ans et ressort dans plus de 400 salles vendredi, l'historien du cinéma et critique Laurent Aknin, auteur du livre Star Wars- Une saga, un mythe (2015), se souvient du choc ressenti au Festival de Cannes en 2005. « C'était la toute première projection, dans le Grand Auditorium. À la naissance de Dark Vador, au moment où on lui pose le masque et qu'on entend alors ce grand souffle rauque, il y a eu un murmure. Puis toute la salle a applaudi. Je n'ai pas vu beaucoup de films qui font cet effet-là. C'est prodigieux. »
Depuis le rachat en 2012 de Lucasfilm par le géant Disney, l'univers s'est enrichi de cinq nouveaux longs-métrages Star Wars. Dont une nouvelle trilogie entre 2015 et 2019, conclusion de l'histoire des Skywalker, qui à défaut de ravir la critique a cumulé près de 4,48 milliards de dollars de recettes au box-office mondial et fait près de 24 millions d'entrées dans les salles françaises.
Depuis trente ans que je suis là, et au moins pour les trente prochaines années, Star Wars est une valeur très sûre.
Le responsable de la librairie et boutique d'objets Momie Comics
Hors des salles de cinéma où le phénomène reste donc vif, la passion ne se dément pas non plus. À la boutique Lego des Halles, à Paris, un coup d'œil au rayonnage suffit pour constater que Star Wars y tient la première place, occupant largement plus d'espace que les boîtes Marvel ou Harry Potter. Une attractivité confirmée par le responsable de la librairie et boutique d'objets Momie Comics, spécialisée dans les univers de fiction et située rue Saint-Jacques à Paris.
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Pour lui, ça ne fait aucun doute : « Depuis trente ans que je suis là, et au moins pour les trente prochaines années, Star Wars est une valeur très sûre. L'attrait pour l'univers est très fort et ne faiblit pas. » Profil type de la clientèle ? Très majoritairement des hommes entre 30 et 50 ans, passionnés, voire fanatiques. Peu importe l'actualité cinématographique : chaque nouveauté Star Wars mise en vitrine et en ligne attire fans de la première heure et collectionneurs qui veulent tout détenir.
Mais si la saga brille encore intensément pour un public très nombreux, c'est du côté de la jeune génération que son éclat se ternit. Pour Landri, 27 ans, youtubeur cinéma et séries aux 124.000 abonnés, les récentes séries Star Wars ne déchaînent pas les passions sur Internet : « J'observe comme un déclin. C'est un sujet bien moins porteur que, par exemple, le Marvel Cinematic Universe. En France, je n'ai en tête que deux noms de comptes consacrés à Star Wars, alors que ceux consacrés à Marvel se comptent par dizaines. »
En ce moment, il arrive à Star Wars ce qui est arrivé avec la phase 5 de Marvel.
Un désintérêt qui s'explique par une surproduction de séries qui indiffèrent le public, une stratégie brouillonne de Disney et des algorithmes qui ne favorisent pas la visibilité de la saga. Mais pour Laurent Aknin, l'originalité et le socle fondamental de l'œuvre lui confèrent un pouvoir intact et transgénérationnel.
« En ce moment, il arrive à Star Wars ce qui est arrivé avec la phase 5 de Marvel. Les créatifs ne sont pas au pouvoir et Disney tire dans tous les sens, sans vraie compréhension du sujet. Mais je l'observe souvent, si je demande à des enfants de 10 ou 12 ans qui a dit : "Je suis ton père", la plupart crient "Dark Vador !". Et c'est la définition même d'un mythe : on connaît le personnage sans forcément connaître l'histoire. » Presque cinquante ans après la sortie du film originel, La Guerre des étoiles, le mythe Star Wars semble donc n'avoir rien perdu de sa Force.
La Revanche des Sith, de George Lucas, avec Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman. 2 h 20. En salles du 25 au 29 avril.
Ryan Gosling et Sigourney Weaver bientôt à l'affiche
Explosion de joie à la convention annuelle Star Wars Celebration, qui se tient à Tokyo jusqu'à ce soir : un tout nouveau film de la saga a été annoncé. Ni une préquelle ni une suite, mais une histoire originale qui a déjà son titre, sa date de sortie et son acteur principal. Il s'agit de Star Wars - Starfighter, attendu dans les salles françaises le 26 mai 2027, avec la superstar Ryan Gosling dans le rôle principal. C'est Shawn Levy (Deadpool & Wolverine) qui réalisera ce film dont le tournage débutera cet automne. Autre événement qui a ravi l'assistance, Sigourney Weaver était là pour présenter les premières images de The Mandalorian & Grogu, long-métrage qui fait suite à la série The Mandalorian. L'actrice, star des franchises Alien et Avatar, y apparaîtra aux côtés de Pedro Pascal et de l'adorable Grogu. Sortie prévue le 20 mai 2026.