Documentaire : Cesária Évora par ses proches
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CESÁRIA ÉVORA © PIERRE RENÉ-WORMS
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CESÁRIA ÉVORA © PIERRE RENÉ-WORMS
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D'un coup, retrouver la saudade qu'elle seule savait si bien chanter. Cette mélancolie teintée de tristesse et d'espoir que charriait la voix veloutée et profonde sans pareille de la « diva aux pieds nus ». Cesária Évora est morte il y a douze ans et revoir son visage rappelle à quel point elle manque. « Tu filmes mes pieds ? Attention, c'est très cher de filmer mes pieds... surtout le second, il est plein de verrues ! » rigole-t-elle dans le nuage de fumée de sa cigarette, en ouverture de ce film original qui évite de tomber dans la success story trop facile de la petite Cap-Verdienne pauvre qui a connu le succès mondial sur le tard. S'il est vrai que le monde a découvert Cesária Évora l'année de ses 51 ans, en 1992, on la retrouve ici sous un trait plus intime : grâce à des témoignages de proches (dont on entend seulement la voix), à travers des archives inédites qui dormaient dans des sacs plastique chez son manager ou ses musiciens. Elles dévoilent la « diva » dans des moments de répétitions, d'interviews ou de détente avec ses proches et sa famille... Des images du Cap-Vert, de sa beauté, de sa pauvreté et de son passé colonial définissent l'univers et dessinent un portrait sensible de la chanteuse : malgré une structure complexe, la réalisatrice nous montre une Cesária joyeuse, fatiguée, pensive, dépressive, facétieuse ou magistrale sur scène. Et n'occulte ni ses démons (l'alcool, la dépression, la malbouffe...) ni ses fulgurances (sa voix, son humour, son humilité, sa grande générosité). À voir, ne serait-ce que pour une scène irrésistible d'un enregistrement avec Compay Segundo, star du Buena Vista Social Club...
Toutes les facettes d'une femme à la voix habitée et que la célébrité n'a pas apaisée.
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