Exposition : de la nudité au streetwear
Aude de Bourbon Parme
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Photo d'illustration
© David Hugonot Petit/MAD
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Les athlètes grecs pratiquaient-ils nus leurs sports ? C'est bien ce que suggèrent les sculptures antiques ouvrant l'exposition du musée des Arts décoratifs. « Mode et sport, d'un podium à l'autre » raconte l'évolution des tenues de sport au fil des siècles et, en filigrane, le rôle des loisirs. Jusqu'au XVIIIe siècle, les activités physiques, souvent issues du domaine militaire - la chasse, l'escrime, l'équitation -, sont des espaces de sociabilisation et de reconnaissance pour l'aristocratie. L'élégance passe avant l'aisance. Les femmes sont corsetées ; les hommes, lourdement vêtus. Au XIXe siècle, les théories hygiénistes font évoluer les pratiques et les vêtements. Les classes aisées se déplacent en train pour profiter des bienfaits du bord de mer. Totalement couverts, leurs corps se dénudent peu à peu. Mais les costumes de bain, notamment en laine, restent peu commodes. La professionnalisation des activités sportives à la fin du XIXe siècle représente un bond en avant. Les vêtements doivent favoriser la performance. Les maillots deviennent imperméables, les tenues s'allègent. À la fin des années 1920, le sport est à la mode. Les maisons de luxe ne s'y trompent pas. Le sportswear apparaît, qui deviendra streetwear. La différence ? Les tenues du premier, dessinées par Lacoste, Lanvin, Hermès, sont consacrés à la pratique d'un sport en particulier. Les autres, liées à la démocratisation des loisirs, deviennent un style à part entière, adopté au quotidien. L'exposition se conclut par un défilé d'une haute couture qui s'est approprié les codes du sport et de la rue, laissant augurer à quoi ressemblerait, peut-être, un style JO 2024...
« Mode et sport, d'un podium à l'autre », au musée des Arts décoratifs (Paris 1er) jusqu'au 7 avril 2024. madparis.fr
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