Line Renaud : « Le public vient voir une revue pour rêver »
Propos Recueillis Par Rémi Jacob
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Photo d'illustration
Jerome PRÉBOIS/Mon Voisin Productions/Fédération Studio France/FTV
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Dans la série Ça, c'est Paris !, elle fait une apparition aux allures de clin d'œil, en interprétant son propre rôle. Celui d'une ancienne meneuse de revue. Cette semaine, lorsque Line Renaud nous reçoit à La Jonchère - sa maison de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), dans laquelle elle vit depuis 1948 - la pluie glaciale tambourine sur la baie vitrée qui offre une vue imprenable sur Paris.
Mais dans le salon, un feu de cheminée réchauffe l'atmosphère et crépite pour le plus grand bonheur de son chien Pirate. Sous l'œil complice de son ami Dominique Besnehard, celle qui a triomphé au Casino de Paris et à Las Vegas nous ouvre à 96 ans sa boîte à souvenirs. Et dévoile les recettes gagnantes d'un spectacle réussi. Entretien exclusif.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment êtes-vous passée du music-hall à la revue ?
LINE RENAUD - À la fin des années 1950, Henri Varna, le directeur du Casino de Paris, m'a proposé de prendre la tête de sa revue. Je ne savais même pas ce que c'était, je venais d'un tout autre univers. J'en ai parlé à Loulou [Louis Gasté, son mari], qui m'a dit « Toutes les meneuses de revue meurent jeunes » car c'est extrêmement physique. Raté ! [Rires.] Il savait qu'il ne pourrait plus monter sur scène avec moi pour m'accompagner à la guitare et ça l'embêtait. Il m'a emmené au Casino de Paris. J'ai trouvé ça tellement vieux jeu, avec tous ces frous-frous. J'ai dit à Henri Varna que je signerais le contrat uniquement si je pouvais tout changer. Car une revue doit être moderne pour séduire le public.
Quelle a été votre patte ?
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J'ai fait venir d'Amérique le Golden Gate Quartet. On a également beaucoup travaillé le rythme. Avant, le rideau se baissait après chaque tableau. Là, tout s'enchaînait de manière très fluide. C'était très intense car j'avais une douzaine de costumes et seulement une quarantaine de secondes pour en changer. Mais c'était nécessaire car on doit proposer un voyage féerique aux spectateurs, ils viennent voir une revue pour rêver. En 1959, on a inauguré cette revue, baptisée Plaisirs, dans un Casino de Paris totalement refait. M. Varna avait repeint le plafond en bleu, de la couleur de mes yeux.
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