ENQUÊTE — Qui a tué le petit Émile ? Après avoir placé en garde à vue et relâché les quatre membres de la famille présents au hameau le jour de la disparition de l’enfant, les gendarmes poursuivent l’enquête qui tient le pays en haleine.« Ils ne vont quand même pas avouer, ils n'ont rien fait ! » C'est la première fois qu'André Vedovini s'exprime. « Je suis l'arrière-grand-père d'Émile », indique le vieil homme aux yeux clairs. Il vient de garer sa voiture devant le portail de son mas provençal, dans le quartier champêtre du Pigeonnier, à La Bouilladisse, et permet qu'on l'interroge quelques instants. Il est le patriarche d'un clan dévasté par la mort inexpliquée du plus jeune de ses membres, Émile, 2 ans et demi.
Un clan désormais scruté, directement visé par la section de recherches de la gendarmerie de Marseille et soupçonné d'abriter en son sein l'auteur du crime. Sur l'investigation en cours, le papé lâche, désabusé : « On n'arrive à rien. » Il paraît persuadé de l'innocence des siens et l'affirme : « On ne sait rien. » Les gardes à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre » de quatre membres de sa famille - Philippe, son fils et grand-père du défunt garçonnet, Anne, la grand-mère, et leurs enfants Marthe et Maximin - viennent de se terminer.
« Ils ont répondu aux questions », assure André. Quelques minutes auparavant, en ce 27 mars, le procureur d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a pris la parole pour annoncer la probable « intervention d'un tiers dans la disparition et la mort », précisant que le crâne du petit garçon, découvert il y a un an sur un chemin par une promeneuse, présente les traces d'un « traumatisme facial violent » et que la piste familiale n'était « pas encore refermée ».
Récit Pauline Delassus, photo Raphaël Lafargue/ABACAPRESS, envoyés spéciaux en Provence