Le sort d'Émile, le petit garçon de deux ans et demi disparu en juillet 2023, et dont le crâne et les vêtements ont été retrouvés il y a une semaine par une randonneuse qui a prévenu les gendarmes, suscite émois et commentaires. Dimanche 31 mars, les deux tiers des journaux de la presse quotidienne régionale en faisaient leur une, tandis que l'audience de BFMTV croissait fortement. Comme tous les faits divers exceptionnels, il a suscité un flux d'informations et d'opinions de grande ampleur, ce qui a conduit certains à parler de voyeurisme malsain. Mais c'est oublier l'intérêt du public pour les faits divers.
Or ils sont extrêmement nombreux: selon les statistiques du ministère de l'Intérieur, l'année 2023 a connu plus de 1 000 homicides, plus de 3 000 morts par accident de la route, plus de 200 000 violences intrafamiliales, près de 100 000 violences sexuelles, sans compter les vols (plus d'un million), les dégradations (plus de 500 000), les mises en cause pour trafic de stupéfiants (près de 300 000) ou les escroqueries (près de 500000). La plupart de ces actes sont rarement rapportés, ou alors dans de courts articles de la presse locale. Mais certains « émergent » plus que d'autres et, répercutés par de nombreux médias, ils prennent une dimension sociale qui fascine le public. Pourquoi un tel engouement ?