Affaire Le Scouarnec : après Pelicot, l'autre procès de l'horreur
Pauline Delassus

Photo d'illustration
Benoit PEYRUCQ/AFP
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Cet hiver, Il y a eu le procès de la soumission chimique et des " viols de Mazan ", douze semaines qui ont bouleversé le pays et transformé Gisèle Pelicot en symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce lundi démarre un nouvel événement judiciaire hors norme qui, cette fois, nous confronte à un mal aussi répandu que tu, les crimes pédophiles.
Avec ceci de particulier que, s'il n'y aura qu'un seul homme dans le box des accusés - Joël Le Scouarnec, 75 ans -, ils seront près de 300 à se présenter sur les bancs des parties civiles, tous d'anciens patients du spécialiste en chirurgie digestive et viscérale.
Autre particularité - et point commun avec l'affaire Pelicot -, les documents, nombreux, retrouvés par les gendarmes chez le médecin, sous forme de journaux intimes et de fichiers informatiques, des " récits pédophiles " selon lui, qui ont permis de mesurer l'ampleur inédite du drame et d'identifier formellement les victimes.
En quatre années, les enquêteurs ont étayé les faits présumés pour chacune d'entre elles, des viols et des agressions sexuelles sur mineurs commis entre 1989 et 2014 dans le cadre hospitalier. Ils ont retracé la carrière du médecin, des cliniques et hôpitaux de Loches, Vannes, Lorient, Quimperlé à celles de Jonzac, Flers ou encore Ancenis.
Un itinéraire sordide que l'homme a pris soin de consigner en répertoriant les prénoms et les âges des enfants passés entre ses mains - garçons et filles de 11 ans en moyenne - et l'exposé précis des abus qu'il leur infligeait. Interrogé plusieurs fois par semaine sur une durée de quatre mois, le mis en examen, détenu et déjà condamné en 2020 à l'issue d'une procédure antérieure pour des viols sur quatre mineures, a reconnu être l'auteur de la plupart des faits. Il a expliqué son mode opératoire et sa détermination à passer à l'acte, ainsi que ses tactiques de dissimulation pour ne pas être découvert.
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Les psychiatres et psychologues qui l'ont expertisé soulignent une personnalité " particulièrement atypique ", " perverse ", mais sans pathologie mentale ni altération. Joël Le Scouarnec se dit " enfermé " dans ses fantasmes pédophiles depuis sa jeunesse, se présentant presque en victime de " l'emprise " qu'aurait eue sur lui son " attirance pour les enfants " et parlant du " monde de la pédophilie " auquel il était fier d'appartenir.
Joël Le Scouarnec se dit " enfermé " dans ses fantasmes pédophiles depuis sa jeunesse, se présentant presque en victime
Pauline Delassus