La valorisation des banques intègre Bâle III et les incertitudes économiques

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Les analystes d'AlphaValue estiment que les marchés se focalisent trop sur les contraintes réglementaires de Bâle III et sur la crise de la dette.

La réticence des investisseurs à revenir sur les valeurs bancaires serait-elle infondée ? Oui, pour une large part, répondent les analystes d'Alph Value, pour qui les marchés se focalisent trop sur les contraintes réglementaires de Bâle III et la crise de la dette des pays de la zone euro. « La valorisation du secteur intègre désormais pleinement les incertitudes du scénario macroéconomique et l'impact de la réglementation sur la rentabilité », estiment Christophe Nijdam et David Grinsztajn, qui sont désormais « neutres » sur le secteur.

Compte tenu du délai de huit ans laissé aux banques pour relever leur niveau de fonds propres, le renforcement de la solvabilité exigé dans le cadre de Bâle III est très gérable, assurent-ils. La dernière étude quantitative du Comité de Bâle va dans ce sens. Sous Bâle III, les besoins en capital supplémentaires des banques auraient atteint 600 milliards d'euros fin 2009, soit moins de trois fois les profits, encore amputés par la crise, réalisés cette année-là (230 milliards d'euros).

Pas gravés dans le marbre

Quant aux très décriés ratios de liquidité ou de levier, ils ne sont pas encore gravés dans le marbre, ce qui laisse aux banques le temps de faire valoir leur point de vue. « Je fais confiance au pouvoir de persuasion des banques pour que les mesures qui leur seront appliquées ne leur soient pas défavorables », s'amuse Christophe Nijdam.

La dette des États de la zone euro ? « Un problème de liquidité, mais pas d'insolvabilité », assure l'analyste pour qui « fondamentalement, le risque de crédit des États européens reste très inférieur à celui des corporates, qu'ils soient en catégorie spéculative ou d'investissement. » Pour lui, le risque de non-remboursement serait quasi nul et dans le pire des cas, la dette des États serait rééchelonnée. « Les marchés sont devenus paranoïaques et entretiennent des mécanismes d'autoréalisation via des marchés de CDS [credit default swaps ou dérivés de crédit, Ndlr] peu liquides, mais il faut revenir aux fondamentaux », explique Christophe Nijdam. Début décembre, sur la base des chiffres de la Banque des règlements internationaux, les analystes de Groupama AM soulignaient, eux, que les établissements français, allemands et britanniques étaient les plus exposés aux crises grecque et irlandaise mais qu'au regard des fonds propres de ces banques ces expositions étaient très « gérables ». « Outre les banques grecques et irlandaises, nous identifions deux cas sensibles : Commerzbank et Dexia », écrivent-ils.

Reste une inconnue pour les banques : leur coût de refinancement. Les soubresauts sur les marchés de la dette souveraine devraient continuer à peser, en particulier pour les institutions des pays « périphériques » de la zone. Et les montants à refinancer n'ont rien de négligeable : plus de 600 milliards d'euros de dettes bancaires doivent arriver à maturité en 2011.

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