Le sort de la banque franco-belge Dexia est loin d'être réglé

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La moins-value latente de l'État français, depuis le sauvetage de Dexia, atteint 675 millions d'euros. Celle de la Caisse des dépôts 1,35 milliard.

Lorsque les banques françaises se targuent de n'avoir pas coûté un centime à l'État pendant la crise et même de lui avoir rapporté quelques milliards d'euros, elles « oublient » souvent de mentionner le cas Dexia. Fin septembre 2008, la banque franco-belge était recapitalisée en urgence. La Belgique débloquait 3 milliards d'euros, l'État français 1 milliard et la Caisse des dépôts et consignations (à 100 % publique) 2 milliards. Résultat : 17,7 % du capital est aujourd'hui entre les mains de la CDC. Quant aux États français et belge, ils ont chacun une participation de 5,7 %.

Priorité à l'assainissement

Deux ans plus tard, en dépit d'efforts de restructuration colossaux, la banque reste fragile et la question de la sortie des actionnaires publics du capital du groupe n'est toujours pas à l'ordre du jour. L'action Dexia (3,22 euros en clôture ce mercredi) a perdu plus des deux tiers de sa valeur depuis le sauvetage du groupe, réalisé au prix de 9,90 euros par action. La moins-value latente de l'État atteint 675 millions d'euros. Celle de la Caisse des dépôts 1,35 milliard.

Ce mercredi, la banque franco-belge a publié un bénéfice 2010 inférieur aux attentes et en baisse de 28 % par rapport à l'année précédente. « Nous avions prévenu que l'héritage de Dexia ne pourrait pas être liquidé en un tour de main et que cela prendrait plusieurs années », a rappelé Jean-Luc Dehaene, le président du conseil d'administration du groupe, en préambule à la présentation des résultats. Les dirigeants de Dexia ne prévoient pas de recommencer à « travailler dans des conditions normales » avant 2012. Pour l'heure, la priorité reste l'assainissement de la structure financière. Depuis octobre 2008, le groupe a cédé plus de 50 milliards d'euros d'obligations et de prêts qu'elle avait en portefeuille. Quant à la part du financement à court terme, elle a été ramenée de 36 % du total des financements fin 2008 à 21 %. La question est cruciale pour les marchés. Fin septembre 2008, c'est cette dépendance au marché interbancaire qui avait provoqué la crise de liquidité du groupe. Depuis la révélation de l'existence d'un accord de liquidité avec La Banque Postale en fin d'année dernière, l'action a d'ailleurs repris plus de 20 %.

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