Catastrophes naturelles : le coût pour les assureurs a explosé en quarante ans

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Rien qu'en 2010, la sinistralité pour les assureurs a atteint 40 milliards de dollars. Outre le climat , la forte croissance des villes est en cause. Un ouragan à New York coûterait aujourd'hui 1.000 milliards de dollars.

Les assureurs mondiaux pourraient passer des moments difficiles en matière de sinistralité ces prochaines années. Selon une étude d'Allianz, le coût annuel moyen des sinistres liés aux catastrophes naturelles a explosé ces dernières décennies (voir illustration). Les chiffres sont spectaculaires : le coût pour les assureurs et réassureurs a atteint 40 milliards de dollars en 2010, et a été multiplié par 8 en quarante ans !

Évidemment, la note pour 2011 risque également d'être salée. Les estimations pour le tsunami japonais oscillent entre 12 et 35 milliards de dollars selon les agences de modélisation, et même 60 milliards selon certains analystes.

Cette accélération des coûts pour les assureurs est due à la dégradation du climat, bien sûr, mais aussi... à la croissance économique mondiale. Car la hausse de la valeur de l'immobilier, la densité de la population qui ne cesse d'augmenter, et la pénétration de plus en plus importante des assureurs sur les marchés exposent de plus en plus les compagnies à ces risques. Historiquement, les deux régions qui pèsent le plus sur les assureurs sont les marchés occidentaux. En 2010, 28 % des pertes provenaient d'Europe et 60 % des États-Unis. Outre-Atlantique, l'élévation du niveau de la mer associée à l'urbanisation toujours croissante pourrait causer des dommages d'une ampleur encore jamais vue, explique une enquête du World Wild Fund for Nature et d'Allianz, publiée en novembre 2009.

Craintes en Asie

L'impact d'un ouragan dans la région de New York pourrait coûter 1.000 milliards de dollars s'il avait lieu aujourd'hui, mais plus de 5.000 milliards de dollars d'ici le milieu du siècle !

Mais c'est bien en Asie que les craintes sont les plus vivaces. Car Pékin, New Delhi, Jakarta, Manille, Mumbai, Shanghai ou Taipei sont toutes situées dans des zones de tremblement de terre et sont exposées au risque d'inondations ou de typhons. « En comparaison avec les États-Unis, et en raison de la population beaucoup plus importante, l'Asie est 590 fois plus vulnérable aux tremblements de terre, 62 fois plus vulnérable aux inondations, et 40 fois plus vulnérable aux cyclones tropicaux », détaille Scott Ryrie, directeur général de la branche Asie-Pacifique d'Allianz SE réassurance. Les compagnies sont, du coup, confrontées à un dilemme en Asie : « Le potentiel de vente de produits et services sur ces marchés est énorme. Mais l'industrie de l'assurance devra offrir une couverture des risques gigantesque. » La raison ? Les normes de construction n'ont pas suivi le boom de l'immobilier résidentiel et commercial.

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