Les banques subissent le contrecoup du sommet européen

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Les valeurs bancaires ont perdu en moyenne 3,90 % depuis le 21 juillet. Les marchés attendent des précisions sur le plan d'aide.

Au lendemain du sommet européen du 21 juillet, les marchés semblaient applaudir la prise d'une décision commune pour sauver la Grèce. Les dirigeants européens et les créanciers privés étaient enfin parvenus à s'entendre. Depuis, l'euphorie est retombée et les valeurs bancaires se sont de nouveau orientées à la baisse. Les 49 banques qui composent l'indice DJStoxx 600 ont perdu 3,90 % depuis le sommet européen. Parmi les plus fortes baisses figurent notamment les italiennes Ubi Banca (- 13,49 %), Banco popolare (- 13,38 %) et Intesa Sanpaolo (- 10,09 %). Cependant, ce recul fait suite à une certaine exagération des marchés après la publication des stress tests bancaires du 15 juillet. « Il faut rappeler que certaines valeurs bancaires avaient bondi de + 10 % dans la période présommet , explique Wilfrid Pham, directeur de la gestion actions chez Natixis AM, il y a donc une part de correction dans l'évolution à la baisse de ces titres depuis quelques jours ».

Mise en oeuvre rapide

Mais si les marchés pénalisent actuellement les banques, c'est aussi à cause du flou entourant le choix qu'elles feront vis-à-vis des obligations grecques qu'elles détiennent. « Pour reporter leurs titres volontairement, le plan proposé à l'issue du sommet laisse trois options aux banques et chacune comporte un impact comptable différent, indique Christian Parisot, économiste chez Aurel BCG. On ne sait pas non plus quelle part de leurs obligations sera concernée par ce programme. Les banques vont devoir communiquer individuellement pour préciser les détails de leur engagement. » Le Crédit Agricolegricole a ainsi indiqué jeudi que l'impact du plan d'aide à la Grèce sur son résultat net consolidé au deuxième trimestre serait de l'ordre de 150 millions d'euros. Selon Bercy, les banques françaises participeront à hauteur de la totalité de leurs expositions arrivant à maturité en 2020, soit 15 milliards d'euros.

Les experts de l'Institut de la Finance Internationale (IFI) se rendaient jeudi à Athènes pour préciser les modalités du plan de participation des créanciers privés. « Nous souhaitons que le projet se réalise rapidement et que sa durée de mise en oeuvre soit aussi brève que précise », a déclaré Evangelos Venizelos, le ministre grec des Finances. Une accélération du processus pourrait en effet rassurer les marchés dont les craintes ne se résument pas à la Grèce. La décision d'un relèvement du plafond de la dette américaine reste au centre des attentes. « Il y a un effet d'entraînement de la hausse de la volatilité du marché américain sur les valeurs européennes, notamment bancaires, constate Wilfrid Pham. Ces dernières sont en effet plus sensibles à des fluctuations importantes des cours boursiers. »

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