Une banque pour financer les collectivités locales

Le gouvernement, sur tous les fronts, planche sur un projet de nouvel établissement public issu d'un rapprochement entre la CDC, La Banque Postale et Dexia.
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Face aux difficultés de financement rencontrées par les collectivités publiques, les autorités envisagent la possibilité de créer une entité destinée à les financer, un projet comparable à celui proposé pour les PME par le gouvernement réunissant CDC Entreprises, Oseo et le Fonds stratégique d'investissement (lire « La Tribune » du 21 septembre 2011). Selon « Le Figaro », un rapprochement entre la banque franco-belge Dexia, la Caisse des dépôts et consignation (CDC) et La Banque Postale, sous l'oeil attentif de l'État, serait à l'étude afin de créer une nouvelle banque publique destinée au financement des collectivités locales. Cette information arrive en pleine polémique sur le rôle joué par Dexia dans la distribution de prêts toxiques, quelques jours après l'article de « Libération » révélant, fichier à l'appui, la liste des collectivités locales et établissements publics ayant souscrit ce type de produits, notamment auprès de Dexia. Une telle initiative aurait le mérite de rouvrir le robinet du crédit à ces acteurs.

Pression sur les politiques

« Les pouvoirs publics réagissent pour ne pas laisser un désert devant les besoins des collectivités publiques », constate un banquier. En effet, avec la crise financière, les banques sont de plus en plus réticentes à prêter aux collectivités publiques. Du coup, les dossiers importants sont bloqués, d'autant qu'ils sont très gourmands en liquidité et s'étalent sur de longues durées. De plus, les clients en région qui ne juraient que par Dexia ont du mal à se financer aujourd'hui auprès des établissements concurrents, dans la mesure où ils rejetaient systématiquement leurs offres. Enfin c'est un secteur sur lequel les banques se rémunèrent assez peu. « Seul avantage : absence de risque (a priori) et une bonne image auprès des pouvoirs publics », poursuit ce banquier.

Ce credit crunch est pour les banques un moyen de mettre la pression sur les politiques et d'attirer leur regard sur les contraintes prudentielles liées à Bâle III. Les banques les estiment trop contraignantes et en partie responsables de la baisse de crédits octroyés aux collectivités publiques.La Banque Postale et la CDC, présente au capital de La Poste, « detiendrait ensemble cette nouvelle structure, Dexia pouvant en demeurer un actionnaire », selon « Le Figaro ». Elles pourraient, ainsi, prendre le contrôle du portefeuille des prêts placés par Dexia auprès des collectivités publiques françaises, d'une valeur de 70 milliards d'euros, et de Dexia Municipal Agency, une société de refinancement. La banque franco-belge pourrait donc se désengager de ces activités, ce que nie Pierre Mariani, patron de Dexia, dans une interview à « L'Écho de Bruxelles » : « Nous n'avons aucunement l'intention de sortir du métier de financement des administrations locales (...). Il n'y aucun projet sur la table visant à scinder Dexia. Je vous rappelle par ailleurs que notre actionnariat est franco-belge. Aucune modification de celui-ci n'est envisagée. »

Ce désengagement pourrait être l'occasion pour Dexia d'alléger son bilan qui totalise aujourd'hui plus de 500 milliards d'actifs, en baisse de 15 % grâce aux cessions d'actifs du premier semestre, et ses besoins de liquidités. Le sujet pourrait être mis sur la table au prochain conseil d'administration qui se tient ce mardi.

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