Un ancien administrateur de Goldman Sachs poursuivi par la justice américaine

Selon l'accusation, Rajat Gupta a divulgué des informations confidentielles sur la banque d'affaires à Raj Rajaratnam, reconnu coupable et condamné dans un scandale de délits d'initié.
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L'affaire Galleon n'est pas encore terminée. Deux semaines après la condamnation record à onze ans de prison de Raj Rajaratnam, le fondateur de ce fonds d'investissement au centre d'un important scandale de délits d'initié à Wall Street, la justice américaine a inculpé Rajat Gupta, ancien patron du cabinet de consultants McKinsey & Co. et ancien administrateur de Goldman Sachs et Procter & Gamble. Quelques heures plus tôt, il avait été placé en détention par le FBI, la police fédérale américaine, et devait comparaître dans la journée devant un juge. Il est accusé d'avoir divulgué des informations confidentielles sur ces deux sociétés.

En septembre 2008, par exemple, Rajat Gupta aurait averti Raj Rajaratnam que Warren Buffett s'apprêtait à injecter 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs. Un tuyau qui aurait rapporté, selon la justice, près de 1 million de dollars à l'investisseur. Le mois suivant, Raj Rajaratnam était au courant, avant tout le monde, que la prestigieuse banque d'affaires allait publier la première perte trimestrielle depuis son introduction en Bourse. « Un membre du conseil d'administration de Goldman Sachs me l'a confié hier », expliquait-il à l'un de ses employés lors d'une conversation téléphonique enregistrée par les enquêteurs et diffusée au cours de son procès.

Absence de preuves matérielles

Convoqué à la barre fin mars, Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, avait indiqué que le comportement de Rajat Gupta constituait une violation du code de confidentialité qui s'impose aux administrateurs. « Rajat Gupta a toujours agi avec honnêteté et intégrité, assure au contraire son avocat, Gary Naftalis. Il n'a pas acheté la moindre action, n'a pas renseigné Raj Rajaratnam pour qu'il puisse en tirer avantage et n'a pas partagé le moindre profit. » Aucune écoute téléphonique ne l'incrimine d'ailleurs directement, son nom n'étant que cité au cours de plusieurs discussions. Une faille que ses avocats ne manqueront pas de souligner.

Face à l'absence de preuves matérielles indiscutables, la justice new-yorkaise n'aurait alors pas hésité à proposer un accord à Raj Rajaratnam quelques jours avant le verdict du juge : une peine de prison allégée en échange de sa coopération pour faire tomber l'ancien administrateur de Goldman Sachs. « Ils veulent Rajat », a lancé la semaine dernière le fondateur de Galleon, qui profite de ses derniers jours de liberté. Pour Preet Bharara, le procureur général du sud de l'État de New York, Rajat Gupta doit constituer sa plus belle prise. Depuis son arrivée en août 2009, il s'est lancé dans une véritable offensive contre les délits d'initiés. Ses services ont déclenché 55 procédures en deux ans. Seules quatre n'ont pas abouti sur un accord de plaider coupable ou sur une condamnation. « Personne n'est à l'abri », aime-t-il rappeler. Et il compte une nouvelle fois le prouver.

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