Les Trophées XXI

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(Crédits : Reuters)
Depuis dix ans, le Club XXIe Siècle s’est donné pour mission de promouvoir la diversité et de faire savoir la réussite des un(e)s et des autres. Les Trophées 2015 couronnent cette année 5 parcours exemplaires et formidablement inspirants.

Ali Saïb, au service de la science et de l'Etat

Né à Marseille en 1968, dans une famille modeste, Ali Saïb a dès la sortie du bac choisi de s'orienter vers une carrière scientifique. Docteur en biologie, ses travaux ont été couronnés de nombreuses récompenses (dont le prix Recherche de l'Académie Nationale de Médecine en 1998 et le prix Dandrimont-Bénicourt de l'Académie des sciences en 2002). Il dirige une équipe de recherche en virologie depuis 1997, tout d'abord en étant chercheur à l'Inserm, puis comme professeur à l'université Paris Diderot et enfin comme professeur au conservatoire national des Arts et Métiers (Cnam). Son souci d'articuler au mieux la formation et la recherche au service de la réussite de tous le conduit à prendre la responsabilité de la direction de la recherche du Cnam en 2009.  En 2012, il est nommé  recteur de l'académie de Caen puis de l'académie d'Aix-Marseille en 2013. Son engagement "pour que l'ensemble des jeunes scolarisés en France puisse enfin croire à l'école et y trouver les ressources qui feront d'eux les acteurs de demain" comme il aime à le dire, lui a valu de recevoir les insignes de chevalier de la légion d'honneur en 2014 et d'être appelé en début d'année à rejoindre Manuel Valls à Matignon en tant que conseiller pour l'éducation.

Jean Chaoui, l'entrepreneur

Adolescent, Jean Chaoui a nourri deux passions devenues vocations : la médecine et les maths.  Ingénieur en génie biomédical de l'Université de Damas en Syrie, il a rejoint la France, l'année de son diplôme pour s'inscrire dans le Finistère, à l'École supérieure des Télécommunications de Bretagne. Il y a obtenu un master en imagerie biomédicale, un doctorat dans le domaine de la chirurgie assistée par ordinateur, pour finalement décrocher le prix national français de la meilleure thèse de doctorat en ingénierie biomédicale, catégorie « innovation ». Fort du succès de cette thèse sur la chirurgie augmentée, il s'est lancé en 2009 dans l'aventure entrepreneuriale en créant Imascap. Six ans plus tard, à tout juste 32 ans, le PDG d'Imascap a déjà déposé plus de dix brevets, et traité, avec son équipe, plus de 50 cas d'arthroplastie de l'épaule en Europe. Le logiciel qu'il a mis au point d'assistance informatique pour la pose de prothèse totale permet de planifier en 3D les gestes que devra réaliser le chirurgien. Et, ainsi de pallier les défauts de l'une des chirurgies les plus complexes au monde. Fort de sa réussite engagée en Europe, Jean Chaoui veur aller plus loin et entend commercialiser son programme partout dans le monde. Il a raison. La chance sourit aux ambitieux à l'intelligence aiguisée. Il est reconnu comme tel.  En 2014, il a reçu le prestigieux prix "TR35" du MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui récompense 10 Français porteurs de projets d'innovation exceptionnels.

Momar Nguer, un homme-clé dans l'entreprise

Né et éduqué dans l'arrière pays du Sénégal par une grand-mère notamment qui lui enseigne le wolof et lui transmet la passion du savoir, Momar Nguer inscrit son parcours dans l'admiration de Leopold Senghor. Après ses classes préparatoires littéraires au Lycée Janson de Sailly à Paris, et son diplôme de l'ESSEC, il débute sa carrière à la direction financière de Hewlett Packard avant d'intégrer le groupe Total en 1984. Tout au long de sa carrière, il va occuper différents postes, que ce soit dans les pays du continent africain et au siège à Paris. Depuis décembre 2011, c'est lui qui dirige pour l'Afrique et le Moyen-Orient la branche Marketing et services de Total. Et participe au comité directeur du groupe depuis janvier 2012. Ceci étant, ce Français d'origine sénégalaise n'en oublie pas son amour pour l'Afrique ; il possède l'une des connaissances les plus fines de ce continent appelé à jouer un rôle clé dans les décennies à venir.

Fatoumata Kebe, le coup de cœur du jury

Fatoumata Kebe a tout pour elle. La beauté, l'intelligence, un rire et des yeux aux éclats, une modestie que rien n'ébranle. Née dans le 9-3, à Noisy le Sec, dans une famille d'origine malienne, son père veut qu'elle soit bonne élève et entend qu'elle soigne son écriture ; elle doit pour ce faire recopier des pages entières de livres qu'il lui offre. L'un d'eux va être déterminant, il lui fait découvrir le monde des étoiles. Fatoumata va se plonger dans cet univers, en être fascinée. Au point qu'au moment du baccalauréat, alors que sa mère n'imagine pour elle qu'un avenir de caissière, elle se lance dans la voie scientifique. Résultat : à 29 ans, après avoir financé ses études, grâce à de petits jobs (dont celui de caissière), elle est aujourd'hui l'une des doctorantes en astronomie les plus en vue de l'université Pierre et Marie Curie et de l'observatoire de Paris. Son sujet d'étude : les débris spatiaux artificiels. « Ma mère était femme de ménage sur terre. Moi, je le suis dans l'espace » répète-t-elle à l'envi dans ses interventions dans un grand éclat de rire. « Il y a de la progression. J'ai cumulé les préjugés stéréotypés contre moi. Je suis noire, j'ai grandi dans le 9-3 et je suis une femme dans un milieu scientifique. » Elle le sait pour réussir, il faut se battre et ne rien lâcher. Aujourd'hui, elle poursuit en parallèle de son engagement scientifique une action de soutien aux jeunes des quartiers sensibles. Son idée ? Demander à chaque rencontre d'écrire sur une feuille leur rêve et elle, de les aider, en leur expliquant quel parcours ils peuvent emprunter pour y arriver. Le secret étant, au delà des préjugés et des bêtises énoncées, de ne jamais baisser les bras et d'avoir confiance en soi.

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