Paris capitale du dessin
Jérôme Stern
Jérôme Stern
Si longtemps les dessins sont restés discrets, tant dans les musées que dans les grandes collections, c'est que fragiles, ces oeuvres forcément uniques demandent une sérieuse connaissance artistique. Mais depuis une quinzaine d'années, sous l'impulsion de quelques marchands parisiens, de plusieurs conservateurs et de deux-trois commissaires priseurs, cet art délicat sort de son (semi) purgatoire.
Selon le site de cotations Artprice, le prix moyen des dessins anciens a ainsi doublé entre 1993 et 2002. Si l'on excepte un recul de 11% (contre 36% pour l'art en général) entre janvier 2008 et octobre 2009, les cotes progressent au rythme de 5% l'an. Aujourd'hui, le marché a retrouvé son attrait, avec fait nouveau, l'arrivée de collectionneurs plus jeunes et très informés. Car le dessin demande une sérieuse initiation: il peut être un crayon, une encre, un sépia, un fusain, une sanguine, une estompe, une pierre noire, un lavis, un pastel, une aquarelle .... Autant d'éléments qui influent sur la qualité et la valeur de l'oeuvre, d'autant plus variables qu'un dessin est rarement signé et demande donc souvent des recherches pour authentification.
D'où le rôle, primordial, des experts. C'est à Paris que se concentre le plus grand nombre de ces professionnels reconnus, qui sont souvent également marchands: leurs galeries fourmillent d'oeuvres de qualité, formellement identifiées. De même les maisons de vente aux enchères proposent via leurs experts ? parfois ce sont les mêmes que les marchands ? des catalogues détaillés qui font référence.
On peut trouver des dessins anciens à partir de 100 euros, mais la majorité des feuilles de qualité se négocie entre 1.000 et 5.000 euros, les oeuvres plus rares dépassant allégrement les 25.000 euros. Soit de 10 à 20 fois moins que la peinture, d'où l'attrait des nouveaux amateurs.
Pour l'art du XXème siècle, les prix sont moins élevés. A part certaines signatures, Picasso, Matisse, Léger ou Dufy par exemple, les dessins, sauf les gouaches, dépassent rarement les 7.000 euros, ce qui ici aussi représente une décote très importante par rapport à la peinture. Très fragiles, les dessins ne supportent ni ensoleillement, ni chaleur, ni humidité. A manier avec précaution donc.
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La dernière semaine de mars et les premiers jours d'avril sont l'occasion de découvrir ? et d'acquérir ? des dessins de qualité à Paris. On peut acheter dans le salon du dessin, une référence mondiale, dans celui du dessin contemporain, souvent plus accessible, on peut enchérir dans plusieurs salles des ventes qui poposent des vacations dédiées, on peut aussi et surtout s'initier en visitant nombre de musées (Bibliothèque Nationale, Beaux-Arts, Bourdelle, Carnavalet, Louvre, Petit palais, Pompidou, Romantique, ...) qui exposent æspécialement une partie de leurs collections.
Du 26 mars au 4 avril à Paris : le Salon du dessin, au Palais de la Bourse, www.salondudessin.com
Drawing now, Carroussel du Louvre, www.salondudessincontemporain.com
Artcurial, 30 mars, www.artcurial.com
Piasa, 31 mars, www.piasa.auction.fr
Christie's, 1er avril, www.christies.com
Jérôme Stern
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