Un budget pour la reprise ?

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(Crédits : Albert Caen)
Par Philippe Mabille, rédacteur en chef et éditorialiste à La Tribune.

Tout gouvernement affirme que son budget est le meilleur possible "compte tenu des circonstances dans lesquelles il a été élaboré". Le budget 2009 a donc été un "budget de crise", où le choix a été vite fait de laisser filer les déficits pour ne pas aggraver la récession. Que dire alors du projet de budget 2010 qui sera présenté mercredi, la veille de celui de la Sécurité sociale ?

Sera-t-il, comme l'affirme François Fillon, le "budget de la reprise" ? Le gouvernement a délibérément choisi des hypothèses de croissance prudentes et se contente de stabiliser les déficits au niveau de 2009 (8,2% du PIB). Ce choix est cohérent avec les décisions prises au G20 de ne pas désarmer pour l'instant les politiques de relance mises en place fin 2008. La question à 100 euros est évidemment de savoir à partir de quel moment le keynésianisme redevient du laxisme.

Pour l'instant, la France, qui était en 2007 le plus mauvais élève budgétaire de la zone euro s'est banalisée. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni font même bien pire qu'elle avec des déficits à deux chiffres. Pour donner des gages de sérieux, Nicolas Sarkozy a maintenu la rigueur sur la norme de progression des dépenses de l'Etat qui reste limitée à l'inflation. Et, pour contenir l'explosion des déficits sociaux, un nouveau plan d'économie a été décidé à la Sécurité sociale.

Mais, alors que l'Allemagne d'Angela Merkel privilégie le retour le plus rapide possible aux déficits d'avant la crise, la France risque de se retrouver rapidement sous la pression de Bruxelles et des autres pays de la zone euro. Pour l'heure, elle poursuit sa fuite en avant, en privilégiant les cadeaux fiscaux aux entreprises et en préparant un second plan de relance avec son grand emprunt, remettant à plus tard le règlement de la facture.

En cinq ans, du budget 2008 au budget 2012, pas loin de 500 milliards d'euros de déficits publics viendront ainsi creuser la dette. Le candidat à la présidentielle de 2012 devra expliquer qui devra les payer.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La réponse est connue...la classe moyenne, qui a la cocue du Sarkozisme.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
En même temps, on n'aurait pas alloué le droit de création monétaire au privé dans les années 70 (merci Giscard), on n'aurait pas autant de problème avec cette dette publique. M'enfin, forcément, quand on s'autoprive la création de monnaie, et qu'on demande aux rentiers du monde, on douille. mais ca, personne n'en parle hein. à quand un sujet la dessus ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
En réponse à Pierre et Rémy. Vous avez tous les deux raison. Il est vrai que c'est bien VGE qui a commencé à nous faire plonger dansles déficits...Et que les classes moyennes paient le prix fort.

Les gouvernements successifs on eux continué à creuser les déficits (c'est pasma faute, c'est ceux d'avant...), et les deniers publics sont gaspillés, aucun élu n'étant civilement ou pénalement responsable de sa gestion, contrairement aux chefs d'entreprise.

Alors, pourquoi s'étonner de ces dérives? Si l'on veut que cela change, ils faut changer le statur de nos élus, pour plus de clarté. Et sans doute n'aurons nous plus la course à l'électoralisme, certainement beaucoup moins de volontaires en lice!

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