De qui Sarkozy est-il la nomination  ?

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Au moins, il sera difficile de reprocher à Nicolas Sarkozy, de reproduire le fameux "Etat RPR" de son prédécesseur, Jacques Chirac. Son genre à lui, ce serait plutôt "l'enlèvement des Sabines". Il est toujours prêt à faire une razzia dans le camp adverse pour emporter une proie estampillée "gauche". Kouchner, Besson, Jouyet, Hirsch ont été les Sabines du premier gouvernement Fillon ; Bockel et Mitterrand (Frédéric) celles du second. Entre-temps, des missions prestigieuses ont été dévolues à Dominique Strauss-Kahn, soutenu pour la direction du FMI, à Michel Rocard, nommé ambassadeur pour les pôles et chargé de plusieurs rapports (taxe carbone, grand emprunt), à Jack Lang, membre de la commission de réforme des institutions et envoyé spécial en Corée du Nord et à Cuba.

Voici à présent la désignation du socialiste Didier Migaud à la tête de la Cour des comptes et celle de Michel Charasse, l'ancien conseiller de François Mitterrand, au Conseil constitutionnel. L'avantage politique est bien sûr de semer la confusion dans les rangs du Parti socialiste et dans la tête de ses électeurs. D'autres satisfactions plus intimes existent peut-être sous la surface. Quand les Romains enlevaient les Sabines, c'était pour, à terme, réconcilier leurs deux peuples. Et aussi pour se faire aimer d'elles. Sarkozy est un affectif. Les socialistes ou assimilés qu'il a nommés, il les trouve vraiment bien et espère que la réciproque est vraie. Leur présence durable à ses côtés lui renvoie une image flatteuse de lui-même : il tient sa parole, puisqu'il fait l'ouverture, et il n'est pas le grand méchant loup, puisqu'on lui est fidèle.

A noter toutefois : Nicolas Sarkozy distribue tous les postes qu'on veut à l'opposition dans les institutions. Mais quand il s'agit de business, que nenni ! Les grandes entreprises, c'est du sérieux, et là, on nomme des proches : Henri Proglio chez EDF, Stéphane Richard à France Telecom, François Pérol à BPCE, Pierre Mariani chez Dexia.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2010 à 15:35 :
"pour se faire aimer d'elles, Sarkozy est un affectif". Qui veut se faire aimer
de tous, n'est aimé par personne. Il n'est pas LOUIS D'OR. Par contre il doit aimer les louis d'or que son histoire de lignée paternelle n'a pas pu lui remettre. Ce qui peut expliquer sa jouissance de briller avec les puissances financières . Ils sont de la même caste et se renvoient les ascenseurs . Public /Privé ce n'est qu'une question de moment. Rien de plus de normal. Où sont tous les dirigeants de Goldman Sachs ? Quelle
est la proportion d'avocats QUI NOUS DIRIGENT ET NOUS REPRESENTENT. Et le métier d'un avocat quel est-il ?
a écrit le 25/02/2010 à 7:51 :
Je suis en phase avec cet article car monsieur Sarkosy est comme l'était le grand Oudini un as de l'écran de fumée et de l'illusion.
C'est tellement attirant que l'on a envi d'y croire.
La réalité est moins alléchante (cela dépend pour qui) pour qui sait s'y pencher.
Heureusement qu'il reste encore des journalistes pour le dire même si c'est dérangeant pour les tenants de la politique de "l'autruche".

Liste Provence Ecologie Méditerranée
a écrit le 24/02/2010 à 19:35 :
Erreur Madame. Sarko n'a jamais fait aucune prise parmi les rangs des socialistes. Le fait de proposer des postes (dont l'unité de compte de la rémunération est le kEUR...) à de séniles lèche bottes n'a rien à voir. Quant aux "socialistes" (il n'y a que les journaleux pour les qualifier ainsi) qui l'ont rejoint, ils sont choisis parmi ceux QUI ONT APPELE A VOTER SARKO...
Le seul, peut être à n'avoir pas vendu son âme étant Hirsch. Pour les autres, l'achat était plus facile, car ils n'en n'avaient pas...

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