Le climat de la peur

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Devons-nous avoir peur pour l'avenir de notre planète ? Selon les militants environnementaux, nous arrivons à un point de non-retour au-delà duquel il nous serait impossible de sauver le monde du réchauffement climatique. L'évidence scientifique de cette prédiction est discutée. Il n'en demeure pas moins urgent d'éviter ce point de non-retour alors que la politique actuelle de lutte contre le changement climatique est erronée.

Une tempête médiatique suite à des révélations pour le moins peu flatteuses. Entre la fonte des glaciers himalayens, prévue pour "l'an 2035 ou avant", ou le risque de destruction imminent de "40% des forêts amazoniennes", les prédictions les plus alarmantes du rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat) de 2007 se sont révélées fausses. Qui plus est, elles ont été utilisées par les militants afin de promouvoir leur point de vue, tel Al Gore lorsqu'il déclare qu'"il nous reste juste dix ans avant d'éviter une catastrophe majeure". Néanmoins, il faut reconnaître que le travail du Giec sur les fondamentaux scientifiques et sur le changement climatique reste solide et incontesté. Le réchauffement climatique est réel et dû à l'homme, que nous l'acceptions ou non, et nous devons agir. Mais la question qui se pose est de savoir si l'on doit faire peur aux gens afin qu'ils réagissent.

Le Giec, longtemps considéré comme un digne corécipient du prix Nobel en 2007 avec Al Gore, se retrouve aujourd'hui au centre d'un scandale dépassant toutes frontières, accusé d'avoir effrayé le public. Pour ce qui est des fausses prédictions, comme les glaciers, elles provenaient de deux entretiens avec un scientifique indien en 1999, qui expliquait qu'un jour des études scientifiques prouveraient ses assertions. L'étude ne s'est jamais concrétisée, mais ses dires se sont retrouvés dans un rapport du World Wildlife Fund, qui a été par la suite cité dans le rapport du Giec. Pareil pour une autre étude du Giec qui prédisait que le réchauffement climatique allait très bientôt détruire la moitié de la forêt amazonienne ; elle venait en fait d'un autre rapport du World Wildlife Fund, qui ne citait qu'une seule étude scientifique, entièrement dédiée aux activités humaines comme l'abattage et le feu.

D'autres erreurs flagrantes sont présentes dans ce rapport. Elles se ressemblent toutes, en exagérant ou en simplifiant des données douteuses afin de crédibiliser des affirmations apocalyptiques. Le Giec a admis sa part d'erreur en concédant que la fonte des glaciers himalayens a été "pauvrement corroborée". Mais le problème est en fait bien plus grave, étant donné que l'auteur principal du rapport a déclaré qu'il savait bien, avec ses collègues, que les prédictions étaient incorrectes, mais les avaient tout de même soumises au rapport en espérant que cela "influencerait les décideurs politiques et les encouragerait à prendre des décisions". En d'autres termes, ils faisaient de la politique au lieu de la science.

Bien que le travail du Giec fût important, son usage politique est indéfendable : la fin ne justifie pas les moyens, et nous ne pouvons pas accepter une politique de défaite de leur part. Bien évidemment, des statistiques choquantes avec des belles phrases nous feront tous prêter attention à leur discours. Mais nous devenons de plus en plus insensibles à tout cela, et nous rentrons dans un cercle vicieux ou sans scénario dément, rien ne nous émeut. Plus les histoires deviennent rocambolesques, plus elles risquent d'être exposées - et d'ébranler la confiance du public. Cela explique en partie les résultats d'un sondage récent par le Pew Institute aux Etats-Unis, qui démontrait que l'inquiétude du public face au réchauffement climatique avait décliné précipitamment ces trois dernières années.

Pour le Giec, le point de non-retour était le mois dernier, quand l'Inde annonçait qu'elle créait sa propre commission sur le réchauffement climatique afin de surveiller ses effets. L'Inde avait déjà évoqué des doutes sur les prédictions concernant la fonte des glaciers du Giec à l'automne dernier, doutes qui avaient été écartés par R.K. Pachauri, le président, comme de la "science de sorcier". "Il n'y a qu'un pas à franchir entre la science climatique et l'évangélisme climatique", avait décrété le ministre de l'Environnement indien, Jairam Ramesh.

Après vingt ans d'inaction pour contrer le réchauffement climatique, une certaine frustration est compréhensible. Mais les tactiques de la peur, même bien intentionnées, ne sont pas la solution. La science climatique est subtile et est une discipline diaboliquement tortueuse, qui ne peut se traduire par une solution simple ou des prédictions sans équivoques. Effrayer les gens n'aidera pas. La peur peut être très motivante, mais ne sert à rien lorsqu'il s'agit d'un sujet aussi compliqué et qui requiert toute notre intelligence.

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a écrit le 07/04/2010 à 13:06 :
Aucune étude scientifique sérieuse n'étaye la thèse de la corrélation entre l'augmentation du taux de CO2 et l'augmentation des températures, qui est réfutée par l'histoire du climat terrestre. Cette thèse est la pierre angulaire des travaux du GIEC, et elle n'a jamais été validée, ce qui est tout de même incroyable. De même, aucune étude sérieuse n'a été faite sur le rôle des gaz triatomiques (ou plus dans l'atmosphère. L'effet de serre en milieu confiné est-il valable pour l'atmosphère de toute notre planète? Quels en sont les mécanismes? Des mesures ont-elles été réalisées?
Les modèles du GIEC sont basés sur des hypothèses fort criticables et non vérifiées par l'expérimentation. Tout cela ne fait pas très sérieux...
Pour conclure, je dirais que prétendre être en mesure de prévoir l'évolution climatique sur plusieurs décennies est une imposture. Un peu d'humilité serait la bienvenue.....
a écrit le 28/03/2010 à 16:45 :
Fin du monde, catastrophes en tout genre, l'écologiste n'est décidément pas un porteur de bonnes nouvelles.
On se rend compte maintenant que grâce aux écologistes on doit importer de l'électricité, parfois fabriquée avec du charbon... (Elle n'est pas bien propre, la combustion du charbon)...
Donc, on est plantés, la technique est maintenant bien rodée: on effraie les petites gens, on saisit toute opportunité climatique pour nous culpabiliser un peu plus, on s'approprie les médias "attention ça chauffe" martelé à gogo..
Une nouvelle ère est née, celle de la PEUR, entre crise économique et drames écologiques allez trouver quelque chose qui va donner aux jeunes l'envie de s'en sortir.
OUI l'homme prélève des ressources dans le milieu naturel
OUI l'homme par son action modifie l'équilibre écologique
OUI La nature en fait les frais
OUI Il y a des dégâts irréversibles
OUI Il y en aura d'autres
OUI C'est bien que certains réagissent
NON à cette nouvelle ECOLO-RELIGION, qui nous promet une fin du monde par semaine.
a écrit le 25/03/2010 à 20:49 :
Et si on arrivait un jour aux même conclusions que le scanadale des vaccins H1N1.... Que ceux qui le prônnent s'en servent à but (très) lucratif.. De plus, le CO2 n'est pas le principal gaz à effet de serre, en tous cas il est loin derrière la..... VAPEUR D'EAU qui est un contributeur majeur à l'effet de serre. Quand est-ce que ce scandale va éclater ...?
a écrit le 25/03/2010 à 10:32 :
L'homme est vraiment l'animal le plus stupide de la planète... Réchauffement climatique lié à l'émission excessive de CO2? Pas encore prouvé, mais quand bien même... nous sommes nous, humains les premiers pourvoyeurs de ces émissions, de par notre simple respiration. Nous contribuons donc, par notre démographie, à augmenter les émissions de gaz à effet de serre! Mais de cela, personne n'en parle! Pas politiquement correct... En clair, au nom du politiquement correct, nous nous auto détruisons! Je le disais, plus stupides que des rats, qui eux sont capable de s'autoréguler! Et la Terre dans tout ça? Elle s'en fout! Quand nous aurons disparus (en entraînant quand même de nombreuses espèces avec nous...), un autre monde naîtra, c'est tout! Qui sera lui dominé par l'espèce végétale... si un autre prédateur stupide ne s'impose comme nous l'avons fait!

Allez, méditez, braves gens!

a écrit le 25/03/2010 à 5:52 :
La géologie nous apprend que la france a déjà connu une ère glaciaire et une ère tropicale, que les désert d'arabie ou le sahara ont été couverts de forets pendant des millénaires, ce qui explique qu'on y trouve du pétrole ou du gaz, composés carbonés. Bref que la terre n'a pas attendu l'arrivée du giec ou de l'homme pour bouleverser son climat comme une grande, et grandeur nature.

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