Quelle place pour la France au soleil du Brésil ?

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction à La Tribune

Le Brésil d'aujourd'hui est un pays béni des dieux. Deux mandats de Luiz Inácio Lula da Silva, premier président de gauche depuis le coup d'État militaire de 1964, ont transformé le regard que le monde et les Brésiliens eux-mêmes jettent sur ce géant d'Amérique latine. Croissance forte, inflation sous contrôle, pauvreté en recul ont permis l'essor d'une classe moyenne optimiste. Voire sûre d'elle. Et la France, dont les exportations vers les pays émergents restent marginales (6 % de ses ventes totales), tente, plutôt mieux qu'ailleurs, de s'arrimer à une économie devenue, en une décennie, la huitième mondiale. C'est vrai dans l'armement, où les incertitudes entourant la signature définitive du contrat du Rafale ne doivent pas faire oublier que le Brésil est le premier client de la France. C'est vrai encore, même si c'est plus marginalement, pour les exportations françaises en général, qui placent l'Hexagone au sixième rang des fournisseurs du pays (2,9 % de ses importations), loin quand même des États-Unis (17,5 %), de la Chine ou, encore, de l'Allemagne...

C'est surtout vrai pour les investissements directs des entreprises du CAC 40, qui ont fait du Brésil l'une de leurs destinations privilégiées. Partis tôt, Carrefour et Casino y sont devenus des acteurs importants dans la distribution. Partis tard, Renault et PSA Peugeot-Citroën y détiennent quand même 10 % de parts de marché. GDF Suez y est devenu le premier producteur privé d'électricité et Vivendi a fait de l'opérateur télécoms GVT l'un de ses moteurs de croissance. Sans oublier la présence des Alstom, Pernod-Ricard et autres Vallourec... Mais y garder une place au soleil s'annonce très dur, comme l'illustre déjà la bataille pour les travaux d'infrastructure du Mondial de foot en 2014 et des JO de 2016. Ou comme le promet celle autour de son futur pactole pétrolier. Le Brésil de la nouvelle présidente Dilma Rousseff ne sera pas une chasse gardée. 

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