Epreuve frontale

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Par Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Si, dans les siècles passés, la France n'a pas toujours brillé par son courage collectif, préférant souvent s'abriter derrière les vertus réelles ou supposées d'un leader charismatique, elle n'est pas pour autant le pays de la frilosité mâtinée de xénophobie que le résultat du premier tour des élections cantonales le laisse à penser. Mais elle est sûrement devenue un territoire où une bonne part des habitants se sentent inquiets, appauvris, socialement et financièrement fragilisés.

Tel Bill Clinton qui lançait aux équipes de George Bush père, "It's economy, stupid", un scrutin se joue plus sur le pouvoir d'achat et la crainte du chômage que sur la politique diplomatique. Le résultat de dimanche dernier est ainsi un marqueur de la situation économique et sociale de l'Hexagone plutôt qu'un plébiscite en faveur du Front national. De nombreux électeurs ont d'ailleurs reconnu avoir alimenté la vague "bleue marine" par colère et pour marquer leur protestation voire leur défiance envers des responsables politiques traditionnels démonétisés.

En sera-t-il de même pour le second tour de ce dimanche ? L'histoire électorale française montre que le parti des Le Pen est avant tout un outsider surprise des premiers tours ou des élections à un seul tour comme les européennes. Lorsque intervient le moment décisif de départager deux candidats en finale, les électeurs passent de la colère à la raison, évitant ainsi de voir le Front national suffisamment représenté dans les départements, les régions ou au Parlement pour pouvoir peser sur la politique de la nation comme on l'a vu dans d'autres pays européens. Pour les adversaires du FN et, d'abord, pour les deux grands partis de gouvernement, à gauche et à droite, le défi majeur à la présidentielle de 2012 sera bien de se qualifier pour le second tour. 

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