Merci Fukushima

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction

La catastrophe de Fukushima fait peser sur toute la filière de l'industrie nucléaire la menace d'un nouvel « hiver », ce gel de tous les projets de développement durant de longues années qui a suivi les accidents de Three Mile Island, aux États-Unis, et de Tchernobyl, en Ukraine. Mais, pour le dire crûment, le drame japonais n'aura pas eu que des conséquences négatives pour certains acteurs français de la filière. Hier, donnée partante, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, le grand concepteur et constructeur de réacteurs, pourrait être reconduite. Son produit phare, l'EPR, jugé trop coûteux, retrouve toute sa légitimité depuis que l'impératif de sûreté est redevenu premier. Il en va de même pour EDF. L'électricien a obtenu du gouvernement, mardi, un arbitrage très favorable. Au nom de la concurrence, le groupe dirigé par Henri Proglio sera contraint de vendre à ses concurrents jusqu'au quart de son électricité d'origine nucléaire. EDF voulait le faire à un prix de 42 euros le mégawattheure, correspondant au « coût complet de production ». Ses concurrents, GDF Suez en tête, jugeaient ce montant « inacceptable », rappelant que le prix de revient de l'électricité nucléaire d'EDF est de 31 euros et le prix grand public, de 35 ! Avant Fukushima, il aurait été tentant pour le gouvernement de se caler sur une moyenne. Après, la chose est devenue impossible, sauf à se faire accuser de brader la sécurité. À la demande de Bruxelles, les 58 centrales françaises vont passer des tests de résistance. Nul ne peut prédire ce qu'il en sortira. En matière de sécurité, l'éventail des possibles est vaste, du renforcement de l'alimentation en électricité des centrales (à Fukushima, les groupes diesel ont été noyés par le tsunami) à l'obligation de construire des enceintes de confinement au-dessus des piscines de stockage des combustibles usés. Il faudra bien le financer. Les Français paieront donc plus cher leur électricité. Pas sûr qu'ils doivent le regretter. 

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