"Nous entrons dans une phase de consolidation de la reprise"

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Copyright Reuters (Crédits : Alain BUU)
Interview de Natacha Valla, économiste chez Goldman Sachs

Pourquoi les prévisions de croissance de la zone euro au premier trimestre (+ 0,8 %) sont-elles meilleures que prévu ?

Les craintes liées à la santé du secteur bancaire et les tensions sur les marchés de la dette souveraine n'ont pas pesé sur la croissance. Les banques européennes sont en général bien capitalisées, elles ont pu soutenir l'augmentation de la demande de crédits aux ménages et aux entreprises. Il y a aussi, malgré l'inflation, une forte résilience de la demande intérieure. Cela montre que nous entrons dans une phase de consolidation de la reprise. Les situations sont très hétérogènes. La très bonne croissance française est tirée par les investissements des entreprises. En Allemagne, non seulement les exportations restent très fortes, mais la croissance se rééquilibre vers la demande intérieure. L'Autriche (+ 1 % par rapport au 4ème trimestre 2010), les Pays-Bas (+ 0,9 %) ou les pays de l'Est, bénéficient surtout d'un rééquilibrage post-crise. La croissance au Royaume-Uni (0,5 %) est faible, mais le pays subit les conséquences de sa politique budgétaire. En revanche, la mauvaise performance de l'Italie (0,1 %) déçoit beaucoup. Elle est surtout due à sa vulnérabilité face à l'inflation.

La Commission européenne prévoit une croissance de seulement 1,6 % en 2011 dans la zone euro. Qu'en pensez-vous ?

La croissance est tellement forte au premier trimestre qu'elle va nécessairement ralentir, mais ce n'est pas inquiétant. Les effets de l'inflation et des prix des matières premières, couplés à un chômage fort, sont davantage des modérateurs de croissance que des freins. Ils vont tout de même peser sur la croissance et la consommation. À cause des politiques de restrictions budgétaires, la zone euro va perdre en moyenne 0,4 % de croissance en 2011. Mais des études montrent qu'à moyen terme, ces politiques soutiennent la croissance. Le Royaume-Uni, aidé par une monnaie compétitive face à l'euro, devrait selon moi gagner 2 % de PIB en 2011. Par contre, je m'inquiète pour les pays périphériques (Grèce, Portugal, Irlande) pénalisés par la hausse des taux de la BCE. La crise de la dette souveraine est loin d'être terminée.

 

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