Washington, me voilà !

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Copyright Reuters (Crédits : CAEN Albert)
Par Philippe Mabille, rédacteur en chef à La Tribune

Incroyable destin que celui de Christine Lagarde. Après s?être épuisée à courir pendant quatre ans derrière Nicolas Sarkozy, pour qui le poste de président de la République a rimé avec celui de ministre de tout? et du reste, la voici prête à s?émanciper en postulant à la direction générale du FMI. Nicolas Sarkozy, en la nommant à Bercy en 2007, l?avait prédit : "Si elle m?écoute, si elle suit mes conseils, elle va exploser." Quatre ans plus tard, celle qui a dirigé l?un des plus grands cabinets d?avocat du monde à Chicago se prépare à faire son « come-back to USA ». Elle qui se disait déçue par le monde politico-franchouillard fait désormais la course en tête pour prendre la suite de Dominique Strauss-Kahn? Certes, ce n?est pas une économiste, mais elle a démontré, pendant la crise, ses grandes qualités de diplomate, pragmatique et concrète, une qualité plutôt féminine. Christine Lagarde, adulée par les milieux d?affaires anglo-saxons, est aussi appréciée pour son sens de l?humour et de la repartie : sur le plateau du "Daily Show" de la chaîne Comedy Central, en avril 2009, elle avait séduit l?Amérique en portant? un béret. Elle qui a beaucoup fait, dans un anglais impeccable, pour réconcilier la France et l?Amérique, promet désormais de ne pas mettre sa nationalité en avant, sans doute pour amadouer les pays émergents. Ses engagements passés en font pourtant une des plus influentes représentantes de l?Occident : membre du groupe Bilderberg (Trilatérale), du conseil d?administration du World Economic Forum de Davos, atlantiste et libérale convaincue, elle a su s?affranchir de ses convictions bousculées par la crise du capitalisme financier. Elle reprendra donc sans hésiter le flambeau de la régulation abandonné par son prédécesseur. Reprendra-t-elle aussi la même ambition, celle de présider un jour la France ? De Washington, elle aura en tout cas les moyens d?influer sur la politique économique de son pays. Jusqu?à devenir candidate en 2017 ?

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