"Bâle III m'a tuer"

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Après les avoir sauvées en 2008, nous n'allons quand même pas pleurer sur le sort des banques. Après tout, elles ont échappé, sauf au Royaume-Uni (où il est vrai certaines ont vraiment fait n'importe quoi), à la nationalisation, arme ultime d'un gouvernement confronté à une faillite bancaire. En France, presque toutes ont rapidement remboursé les sommes prêtées par l'Etat au plus fort de la crise, et ont repris leur liberté de gestion... et de rémunération. Le retour de bâton réglementaire qu'elles affrontent, de part et d'autre de l'Atlantique, n'est donc pas surprenant. Elles peuvent bien pester et tempêter contre les supposés excès des nouvelles normes que veulent leur imposer les régulateurs mondiaux, la crise a amplement démontré et démontre encore que la banque est une activité aussi dangereuse que la production d'énergie nucléaire. Et nécessite donc autant de surveillance et de précaution.

S'il est légitime de réglementer, même durement, prenons garde néanmoins à ne pas pénaliser l'économie. Voilà ce que nous répètent les banques pour tenter de modérer la sévérité des nouvelles règles prudentielles du comité de Bâle. L'équilibre entre les deux plateaux de la balance est subtil à définir. Il faut que les banques soient sûres pour les déposants, et en même temps que les ratios de liquidité et de fonds propres à atteindre ne provoquent pas la contraction ou le renchérissement du crédit. Aux banques qui mènent actuellement une intense campagne de lobbying auprès des régulateurs, sur l'air de "Bâle III m'a tuer", il peut être utile de rappeler quelques règles de simple bon sens, qu'elles ne se privent pas elles-même de recommander à l'Etat ou à leurs clients. Plutôt que de payer des bonus et des dividendes insensés, laissant aux banques centrales et aux contribuables le rôle de prêteur en dernier recours, il serait plus sage de leur part qu'elles profitent des actuelles années de vaches grasses pour renforcer leurs fonds propres par accumulation de réserves. Cela ne les empêcherait nullement d'ailleurs, bien au contraire, de faire leur métier, c'est-à-dire de financer l'économie.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2011 à 7:33 :
L?activité bancaire n'est possible que dans une société organisée où règnent notamment l'ordre ,la paix civile et le pouvoir de la loi.Ces facteurs qui lui sont essentiels ne sont pas concevables sans un état régalien fort.
De plus,de par ses implications, cette activité peut contribuer à stabiliser la paix civile ou à la déstabiliser et porter ainsi atteinte à l'ordre public général.
De ce fait,il devient inconcevable que l'exercice de la profession bancaire au sein d'une société organisée puisse s?effectuer en dehors du champ de régulation de la puissance publique.Il y va de l'ordre public!
a écrit le 10/09/2011 à 5:54 :
Un article qui n'apporte rien. Il semble que Mabille ne touche pas la sienne.
a écrit le 08/09/2011 à 12:29 :
Rarement vu un article aussi partial et peu argumenté. Le fait est que même si Bale III n'est pas encore entré en vigueur, la publication des nouvelles règles oblige les banques à les respecter immédiatement puisqu'elles sont jugées par les analystes sur ces critères et nous constatons actuellement l'impact immédiat sur la liquidité interbancaire qui est tout simplement proscrit dans ces nouvelles règles et la surpondération des dettes gouvernementales considérées à tort comme totalement liquides et sans risque (la liquidité étant bien le problème bcp plus que les fonds propres évoqués dans l'article).
a écrit le 08/09/2011 à 9:38 :
On est ravi d'apprendre que cette période est "de vaches grasses", pour les banques.

Moi qui avait ouïe dire que c'était la crise.
a écrit le 08/09/2011 à 9:07 :
Il est bien évident que le chantage opéré par les lobbies financiers ne trompent personne. Néanmoins, de telles mesures ne semblent pas suffisantes afin d'empêcher toute nouvelle crise, loin de là.

Bâle 3 va simplement conduire à une contraction du crédit interbancaire et, in fine, se répercutera sur le client final (particuliers et entreprises) via des taux d'intérêt plus élevés. Sans pour autant garantir la solidité des banques dont les bilans sont toujours aussi pourris d'actifs toxiques en tout genre.

>> www.ifinance.fr <<

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