N'ayons pas peur de la voiture électrique

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Les controverses sur la sécurité des voitures électriques et de leurs batteries n'ont pas lieu d'être. L'industrie française affiche son avance dans ce domaine, et la filière doit être confortée par les pouvoirs publics, aussi bien nationaux que locaux, qui doivent accompagner son développement.

Après le succès du Salon de l'automobile de Francfort, qui a été marqué par l'engouement des constructeurs automobiles et des nombreux visiteurs pour les voitures écologiques, l'on ne parle plus que de véhicules électriques et de mobilité durable. Entre la Bluecar de Bolloré (Autolib') qui a récemment parcouru les routes de la capitale, les différents modèles électriques que commercialisera Renault dans les mois à venir et le véhicule à hydrogène présenté la semaine dernière par Air Liquide, il semble bien que ce qui apparaissait il y a quelques mois encore comme une utopie est en passe de devenir une réalité.

Les controverses de cet été sur les risques supposés liés aux véhicules électriques, d'autant plus regrettables qu'elles ont pris pour cible les constructeurs français, ont alimenté un climat de suspicion à l'égard de la sécurité des batteries qui n'a pas lieu d'être. À l'occasion des Rencontres internationales des voitures écologiques (Rive), en juillet, et en écho aux attaques répétées dont faisait alors l'objet la filière, certains parlementaires, ainsi que plusieurs associations, ont donc souhaité rappeler que les véhicules électriques offrent le même niveau de sécurité que les voitures thermiques, et que la polémique risquait de mettre en danger des années de recherche et développement, alors que nous vivons aujourd'hui une période charnière. Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, a rappelé à l'occasion des Rive l'importance de cette filière pour la France et le rôle nécessaire d'intermédiation que remplit le Club des voitures écologiques pour la filière.

Il est ici utile de souligner que tous les risques relatifs aux batteries sont pris en compte par les constructeurs : systèmes de refroidissement et de régulation de la température des batteries, systèmes d'évacuation des gaz en cas de fuite, protection et isolation des batteries pour parer à tout choc ou collision... Si le risque zéro n'existe pas, il est totalement faux d'affirmer que les véhicules électriques ne répondent pas à des exigences de sécurité optimale. De telles affirmations ne font qu'attiser les peurs dans un pays où le principe de précaution devient parfois un prétexte pour ne plus rien faire. Souvent mal compris, ce principe ne doit s'appliquer que pour les risques sur lesquels des incertitudes demeurent, ce qui n'est pas le cas pour les voitures écologiques.

Preuve de la réalité de plus en plus concrète des voitures écologiques, le ministre de l'Industrie, Éric Besson, a réuni l'ensemble des industriels dans le cadre d'une table ronde sur les véhicules électriques et hybrides. Le sénateur Louis Nègre et le député Alfred Trassy-Paillogues, coprésident des Rive étaient présents lors de cette rencontre. Tous ont signé une charte, soulignant leur volonté de respecter dix engagements pour répondre aux préoccupations des utilisateurs actuels - et futurs. Parmi ces engagements figurent la sécurité, bien sûr, ainsi que la promotion du véhicule électrique et hybride auprès des particuliers et des collectivités locales, qui doivent elles aussi prendre part à ce mouvement en mettant en oeuvre des politiques ambitieuses en faveur des voitures électriques, comme par exemple la construction d'infrastructures de recharge efficientes. Le Club continue de porter, quant à lui, l'emblématique disque vert qui permet d'octroyer une heure trente de stationnement gratuit pour les véhicules écologiques. C'est donc aussi bien au niveau national qu'au niveau local que se joue et se jouera l'avenir de la filière.

Ainsi, notre pays s'est positionné comme un acteur majeur du secteur dans un environnement mondial extrêmement compétitif. Dans une période où l'industrie française est trop souvent remise en cause, il est enthousiasmant de constater que nos industriels ont un rôle leader dans la fabrication et le développement des véhicules écologiques. De plus, l'immense intérêt exprimé par les nombreux acteurs économiques étrangers qui choisissent d'investir sur l'électromobilité en France vient redonner espoir à tous les observateurs qui déplorent le manque d'attractivité de notre territoire. Dans ce contexte, il est nécessaire que le gouvernement garde le cap pour accompagner nos industriels et créer les conditions nécessaires à ce marché.

La France a tous les atouts pour se doter d'une politique énergétique diversifiée et ainsi réduire sa dépendance au pétrole. La voiture écologique constitue une opportunité économique et énergétique sans précédent pour notre pays. Cessons d'agiter les peurs. Au contraire, il faut maintenant inviter l'ensemble de nos concitoyens à venir essayer ces véhicules et à les adopter. Il en va de notre compétitivité industrielle et de l'avenir de notre mobilité.

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a écrit le 24/10/2011 à 12:38 :
la bagnole électrique : OK quand la batterie de 50 kg permettra de faire 700 km et f le plein en 5 mn .
Réponse de le 24/10/2011 à 13:13 :
Toyota travaille sur une batterie sèche avec une autonomie de 1000 kms pour 2015. Ça évoluera vite.
a écrit le 24/10/2011 à 9:06 :
Oui, nous devons avoir peur de la généralisation de la voiture électrique. Car c'est un véhicule à pollution massive délocalisée. La France fait exception avec seulement 2 centrale au charbon utilisée occasionellement, mais le reste du monde produit sont électricité essentiellement à partir du charbon. Un voiture électrique est donc une "voiture à charbon", avec un rendement de la mine à la roue exécrable. A ma connaissance, la dernière étude arrive à la conclusion qu'un petit véhicule electrique génère 250 g/CO²/km, mais ailleurs. Comme il ne faut que quelques semaines à une molécule de gaz pour voyager tout autour de la terre, polluer beaucoup pour polluer ailleurs n'a pas de bénéfice.
Réponse de le 24/10/2011 à 11:25 :
C'est dans la plupart des cas moins polluant d'avoir une seule source de production d'énergie que de multiples véhicules souvent très polluants. Plusieurs études l'ont démontré. La généralisation des voitures électriques n'est pas envisagée. On a aussi des utilisations plus nombreuses du CO2 émis par des centrales, outre les cultures d'algues dont les applications ne sont pas juste à usage de carburant (alimentaire, pharmacie, cosmétiques etc) , par exemple dans l'élaboration de matériaux de construction donc stockage durable. Enfin il y a de plus en plus de recharges à partir de panneaux solaires entre autres renouvelables dont le bilan C02 et polluants s'améliore généralement de plus en plus. Le bilan au plan santé et coûts des microparticules par exemple liées au diesel est très mauvais et doit être aussi mis dans la balance. Le bilan global des véhicules et de la chaîne d'énergie doit être amélioré mais c'est généralement le cas, les chinois par exemple font des progrès. Il y a beaucoup à faire sur le bilan global de l'énergie mais les solutions ne manquent pas et les véhicules électriques ont un intérêt important d'autant qu'ils correspondent à la plupart des utilisations qui sont majoritairement de distances moyennes et courtes et quel silence là aussi faborable en ville avec un impact favorable important. En termes de stockages et de types de batteries il y a aussi des apports très intéressants en cours et à venir qui vont permettre pour certaines régions de changer le mode d'organisation de l'énergie avec de bien meilleurs rendements et diminution notable des pollutions. Recyclage compris. C'est donc une bonne voie et il n'y a autrement pas de solution universelle.
Réponse de le 24/10/2011 à 13:17 :
Oui mais le vrai problème est la pénurie de pétrole à moyen terme, donc le véhicule électrique est nécessaire quoiqu'il émette en C02. Ensuite, on pourra très bien avoir des centrales nucléaires ou de l'énergie renouvelable pour produire l'électricité.
Le seul problème c'est l'autonomie médiocre qui rend inutile son existence même car l'autonomie est trop faible pour les ruraux, les grands banlieusards ou les grands voyageurs qui sont ceux qui ont vraiment besoin de voiture. Quant à la recharge, la majorité des français habitent en immeuble dans un milieu urbain sans possibilité de la brancher sur le courant. Sans autonomie importante, je ne crois pas à son succès.
Réponse de le 24/10/2011 à 15:45 :
Une autonomie de 185 kms comme la fluence suffise pour la plupart des usages.

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