Vladimir Grudzinski, le chasseur d'autos

Perrine Créquy

Perrine Créquy
L'automobile est son dada. Depuis ses 15 ans, il se passionne pour les petites et grosses cylindrées. Aujourd'hui âgé de 29 ans, Vladimir Grudzinski profite de ses week-ends pour sillonner le Perche au volant d'une des voitures familiales :
Pour l'instant, c'est sur un scooter 50 m3 gris et passablement cabossé que le fondateur de Reezocar se déplace entre deux rendez-vous. Début 2013, il a vendu la Porsche 993 cabriolet qu'il avait importée de Californie, afin de financer le démarrage de Reezocar, la société qu'il a cofondée avec Laurent Potel et Vincent Deboeuf. Après six mois de développement informatique, la plate-forme est lancée en juin 2013. Son offre : recenser les petites annonces de véhicules d'occasion à travers l'Europe, et accompagner les acheteurs pour qu'ils trouvent la voiture idéale au meilleur prix.
Conduisant son activité avec sérieux, l'entrepreneur surveille les évolutions réglementaires et les spécificités de ses marchés.
Un pays cible pour Reezocar, qui compte déjà des clients en Italie.
Et l'on rit beaucoup dans cette équipe de 12 personnes, selon Vincent Deboeuf, cofondateur et CTO (directeur technique) de Reezocar :
Un temps, Vladimir Grudzinski s'est essayé au one-man show. Il cite Coluche, après une tirade sérieuse sur le Contrat social de Rousseau. Cet amour des bons mots, il le tient sans doute de son père, le « président-directeur-général en chef» du cabinet de conseil Humour Consulting Group, qui est aussi son conseiller dans les affaires.
Après avoir mené une scolarité dans les établissements prestigieux - lui dira « stricts» que sont l'Institut de La Tour et Saint-Jean de Passy, Vladimir Grudzinski obtient en 2004 son baccalauréat littéraire, et intègre le Management Institute of Paris. Dans cette école de commerce - fondée par trois patrons Bruno Bich (Bic), Claude Bébéar (Axa) et Martin Bouygues (Bouygues) et absorbée par l'Espeme en 2011 -, il restera seulement un mois et demi. « Pour mon premier devoir de comptabilité, j'ai rendu une feuille blanche où j'avais inscrit le numéro d'un expert-comptable», avoue-til sans complexe. S'en suit sa période «artistique», ponctuée de one-man shows et d'organisation d'une exposition d'art contemporain. En 2006, il s'essaie à la publicité en tant que concepteur-rédacteur stagiaire, puis il s'installe à Londres en 2007.
Parmi sa clientèle, des grands noms : Rania de Jordanie, le sultan d'Oman. Il est habitué à l'univers du luxe et de la mode.
Tout en creusant l'idée de Reezocar, se demandant notamment « comment vendre des choses chères par téléphone sans que ce soit anxiogène». Ainsi, quand il a exposé son projet à ses futurs associés fin 2012, « on avait l'impression que tout était déjà en place», selon Vincent Deboeuf.
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Sa détermination lui a également permis de lever 440.000 euros auprès d'amis et de sa famille, début 2014. Il réfléchit actuellement à opérer une deuxième levée.
Ouvert au dialogue, Vladimir Grudzinski n'en oublie pas moins de faire les choses à son image. Ainsi, lors de l'été 2013, pour faire connaître sa plate-forme fraîchement mise en ligne, il a fait défiler entre la Tour Eiffel et le Grand Palais un Hummer tiré par un cheval de trait. Ce Percheron est l'un des cinq chevaux qu'il possède. Passionné de chasse, il n'a plus guère le temps de pratiquer la chasse à courre. Mais il faut bien consentir quelques sacrifices pour faire prospérer son activité. Et espérer s'offrir le bolide aux 250 chevaux sous le capot.
Perrine Créquy
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