La pollution à Pékin rend les internautes cyniques

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Dans le Nord de la Chine, la grande majorité des logements sont chauffés au charbon, en grande partie responsable des brouillards de pollution visibles en hiver. Ici dans la vieille ville de Pingyao, un homme livre le combustible aux habitants dès fin octobre.
Dans le Nord de la Chine, la grande majorité des logements sont chauffés au charbon, en grande partie responsable des brouillards de pollution visibles en hiver. Ici dans la vieille ville de Pingyao, un homme livre le combustible aux habitants dès fin octobre. (Crédits : Juliette Boulay)
Alors que la pollution atteint des niveaux records dans la capitale, sur Internet, les Chinois versent dans l'humour noir.

Que fait-on à Pékin par un jour de forte pollution ? Les 8 et 9 décembre, alors que le niveau de particules fines (PM2.5) dépassait les 300 microgrammes par mètre cube dans les rues de la capitale, le gouvernement a tiré la sonnette d'alarme, ordonnant la fermeture des écoles et des sites de construction en extérieur, imposant la circulation alternée et conseillant aux habitants de rester chez eux. Désireuse de préserver mes poumons, je décide de me promener sur les réseaux sociaux plutôt que dans les avenues plongées dans le smog. Revue de web.

#airpocalypse

Sur Weibo, le Twitter chinois, on ne compte pas les photos « avant-après » révélant l'intensité du brouillard dissimulant les bâtiments visibles en temps normal. Certains internautes facétieux s'amusent d'ailleurs à redessiner ces derniers par-dessus leur photo.

Pollution Pékin

Il était complètement dissimulé par l'épaisse couche de pollution... Le Monument aux Héros du Peuple de la place Tian an Men est plus visible une fois ses contours redessinés. (Crédits : capture d'écran via Weibo.)

Plus classique, les photos de rayons de masques anti-pollution dévalisés dans les supermarchés, font aussi le tour du web, ici sur Twitter, sous le hashtag #airpocalypse.

Masques antipollution et préservatifs

Quand les masques filtrant l'air ne sont plus disponibles en magasin, c'est sur Taobao, le premier site de e-commerce Chinois, qu'on se ravitaille. L'entreprise a ainsi reporté une hausse de 116% des recherches en ligne de masques anti-pollution entre les deux pics de fin novembre et début décembre. Plus étonnant, l'enseigne de e-commerce note aussi une augmentation des commandes de préservatifs : par souci de santé pour leur progéniture, les couples préfèrent éviter de concevoir un enfant les jours où ils ont respiré un air particulièrement pollué, explique l'entreprise dans le China Daily.

Méthode radicale

Mais si certains se contentent d'éviter de sortir ou de se protéger le visage, l'artiste Wang Renzheng a, lui, décidé d'en finir avec la pollution. Sa méthode : un aspirateur à particules fines, capable de comprimer et solidifier ses dernières, pour en faire... des briques.

Wan Renzheng

Wan Renzheng traverse les rues de Pékin armé de son aspirateur à pollution pour son « Project Dust ». (Crédits : capture d'écran via QQ news.)

Humour noir

L'initiative a le mérite de faire rire Tuhe, étudiante en informatique, qui s'énerve de l'inaction des Pékinois face à la pollution. « Nous ne faisons que des blagues à ce propos, il n'y a pas de discussion sérieuse. Mes camarades de classe pensent qu'on ne peut pas lutter contre ce phénomène et qu'il est « cool » de faire de l'humour noir ». « Les gens s'habituent aux niveaux élevés de particules fines », renchérit Ran qui n'avait pourtant jamais vu un brouillard de pollution aussi dense de sa vie.

Car les émissions de dioxyde de soufre (SO2), en partie responsables de la dégradation de la qualité de l'air, continuent de croître. D'après Luo Jianhua, secrétaire général de la Chambre de Commerce Chinoise pour l'Environnement, ce sont entre 30 et 31 millions de tonnes de SO2 qui ont été émises en 2014, alors que le gouvernement évoquait 19 millions de tonnes. « J'aimerais qu'on nous dise la vérité », s'exclame Tuhe, amère, en lisant ces statistiques. Son ressentiment fait écho aux nombreuses critiques adressées au gouvernement sur les réseaux sociaux pour avoir tardé à annoncer l'alerte rouge à la pollution, à Pékin, en début de semaine. Mais comme toujours, une fois que le vent aura dispersé le brouillard, « on passera à autre chose », déplore-t-elle.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2015 à 12:25 :
il sont devenue aveugle et sourd devant une telle polution, il vas falloir arrette de produire et de prendre des decitions dragonienent, sinon ils risquent d avoir beaucoup de morts et de malade dans les populations des ces secteurs ipert polluer??? IL VAS FALLOIR QU ILS CHOISISSENT ENTRE MATERIALISME/ ET DROIT A LA SANTE DE LEURS PEUPLE? LA QUESTION QUE L ON SE POSE EN VOYENT CELA ESQUE CE PEUPLE A DES DIRIGENTS CONCIENT DU DANGER???
Réponse de le 05/12/2016 à 13:34 :
Oui c'est vrai...et pour les "decitions dragonienent" il faut s'inspirer de gam of
thrones...
a écrit le 12/12/2015 à 20:14 :
Je ne peux pas croire que les Chinois n'utilisent un contraceptif que les jours de pollution
C'est le contraire, ils ont plus de temps à passer à la maison du fait de la pollution dont ils achètent plus de préservatifs

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