Le pari russe de l'Europe

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Par François Roche, conseiller éditorial de La Tribune.

La création d'un lien gazier fixe entre la Russie et l'Allemagne ouvre une page nouvelle dans les relations entre l'Europe et Moscou. Il fait de la Russie le partenaire privilégié de l'Europe du Nord, là où les consommations de gaz vont augmenter le plus rapidement dans les années qui viennent, notamment à cause de l'abandon programmé de l'énergie nucléaire en Allemagne mais aussi en Belgique. Nord Stream a donc une signification géopolitique : il a été conçu pour consolider le couple germano-russe, en faire un pôle de développement autonome en Europe.

Même si le duo Medvedev-Merkel n'est pas de la même eau que celui formé entre Vladimir Poutine et Gerhard Schröder, force est de constater que les relations économiques entre la Russie et l'Allemagne ne cessent de se renforcer et que la Russie est devenue l'une des terres d'élection du déploiement des entreprises allemandes.

Dans les années passées, on a beaucoup reproché à la Russie d'avoir privilégié la "diplomatie du gaz", autrement dit d'avoir basé sa politique étrangère sur la préservation de ses intérêts énergétiques et sur l'accroissement de la zone d'influence de Gazprom en Europe. En réalité, la Russie n'a guère d'autres choix. L'Europe constitue le premier débouché de ses gisements de gaz actuels et futurs, notamment ceux qui se situent dans la zone arctique comme le champ de Shtokman en mer de Barents.

Construire un gazoduc, c'est faire le pari de la stabilité et de la pérennité des relations entre fournisseur et client. C'est la politique qu'a choisi de privilégier Berlin vis-à-vis de la Russie. Cela veut-il dire que l'Europe s'en remet à Moscou pour ce qui est de la sécurité de ses approvisionnements énergétiques ? Dans une certaine mesure, oui. L'avenir dira si le risque politique inhérent à cette situation est plus que compensé par les avantages économiques que l'Europe peut en tirer.

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Commentaires
a écrit le 20/02/2012 à 16:45 :
Cet article est correct quoiqu'il oublie quelques détails dont j'ai parlé dans d'autres commentaires. Vous avez vu, comme moi, l'acharnement des américains (par personne interposée) pour salir autant que possible la Russie et surtout Vladimir Poutine (le De Gaulle russe), qu'ils ne peuvent pas manipuler. Naturellement les "putains" de service s'appellent Sarkozy et Cameron.
Vous devez savoir que russes et allemands entretiennent des relations économiques privilégiées dans tous les domaines. Quand je visite mes amis russes, je constate que tout ce qui est de quantité est chinois et tout ce qui est de qualité est allemand (pas uniquement les voitures). je suis aussi persuadé que bientôt l'Allemagne sera fatiguée (quand Merkel aura disparue) du boulet de l'U-E et qu'elle rejoindra les BRICS. Ce qui lui permettra de remercier et éjecter les américains de son sol. Quant à nous (toujours collabos français), sachant que Mr Poutine est rancunier, on va souffrir, surtout si notre minable président est réélu.
Jean-Claude Meslin

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